Mise à jour : pour retrouver toutes mes infos, rendez-vous désormais sur www.anaiscros.fr Je suis auteur et le but de ce blog est de communiquer avec mes lecteurs, autour de ma série de fantasy Les Lunes de Sang et de mon roman fantastique La Mer des Songes, mais aussi de futures publications éventuelles, de manifestations auxquelles j'aurais l'occasion de participer, etc. Pour en savoir plus sur mes romans, n'hésitez pas à cliquer sur les catégories qui portent leur nom. Et pour me contacter, laissez un commentaire. Je reviendrai vers vous dès que possible. Merci de votre visite !
25 mars 2109, Oïmiakon, 23h30
Impossible de dormir, alors j’ai proposé à Dorian de faire sa garde à sa place. Je me sens mal à l’aise, j’ai l’impression qu’on nous observe. Je n’ai rien dit aux autres, je n’ai pas envie d’avoir encore les oreilles qui sifflent. Mais j’ai vraiment la sensation que quelque chose cloche dans le secteur.
Ce matin on a doucement commencé à bosser. On est tranquille, il n’y a plus personne à des kilomètres à la ronde. Depuis que la chose est apparue, tout le monde s’est enfui, même les autochtones qui vivaient là depuis des lustres. C’est bizarre ce silence autour de nous, ça fait un sacré contraste avec le bordel qui régnait à Bagdad. Tout est différent ici d’ailleurs, la température, les couleurs, les odeurs, le bruit ou plutôt son absence. On croirait qu’on a changé de planète. Et puis à Bagdad il y avait toujours moyen de se barrer de l’hôtel et d’aller boire un coup quelque part, de prendre un peu l’air. Ici on est entre quatre yeux et ça commence déjà à me peser. Je sais que je ne suis pas le seul d’ailleurs.
Dorian s’est engueulé avec Pierre et Kurt a pratiquement dû les séparer. Je comprends pas pourquoi Kurt a engagé le Français. C’est un raciste de première et sa seule spécialité ce sont les armes. Des mercenaires y en a des centaines, je ne pige pas ce qu’il a de spécial. Quand il a traité Dorian de négro, j’ai bien cru que ses yeux allaient jaillir de leurs orbites. Il était prêt à le défoncer. Ce qui aurait sûrement mal tourné vu le gabarit en face. Un de ces quatre ça va vraiment péter et ce sera entièrement la faute de Kurt. Il aurait déjà dû virer le Français à Bagdad.
Je crois qu’après ce boulot, je vais quitter le groupe. Des régulateurs de mon calibre, il n’y en a pas des masses et on m’a déjà proposé des jobs. Et puis j’en ai marre de courir partout. J’ai bientôt trente-six ans, j’ai envie de me poser. Lire des livres, reprendre le dessin, faire des gosses pourquoi pas. Ce boulot devrait me rapporter de quoi voir venir pendant plusieurs mois. Après c’est clair, je raccroche.
Cet après-midi on a fait un peu le tour du site avec Katrin et Sven. On a mis en place quelques capteurs, mais c’est demain qu’on fera le plus gros. Pour le moment c’était juste du repérage. En tous cas c’est assez impressionnant. J’avais jamais vu un truc comme ça. Le cratère mesure cinquante bons mètres de circonférence et à mon avis il est bien plus profond qu’il en a l’air. Une brume jaunâtre flotte jusqu’au ras du sol et empêche de voir à l’intérieur. Tout autour on a repéré de gros blocs de lave séchée d’au moins une tonne chacun. On les a comptés, il y en a treize.
Quand elle a entendu ce nombre, Katrin s’est signée et elle a embrassé sa croix néochrétienne. Sven n’a pas pu s’en empêcher et il a fallu qu’il place un de ses mots improbables. Il lui a demandé si elle souffrait de triskaidékaphobie. Enfin, je crois que c’est ce qu’il a dit. J’ai essayé de rire avec lui, mais la vérité c’est que j’étais pas loin d’être aussi impressionné qu’elle. Je ne suis pas superstitieux, mais il y a quelque chose de vraiment bizarre dans l’atmosphère de cet endroit.
Il faut que j’arrête de me monter la tête sinon je vais stresser toute la nuit. Je vais aller me faire un café et ensuite je regarderai un holo. La nuit va être longue.