Mise à jour : pour retrouver toutes mes infos, rendez-vous désormais sur www.anaiscros.fr Je suis auteur et le but de ce blog est de communiquer avec mes lecteurs, autour de ma série de fantasy Les Lunes de Sang et de mon roman fantastique La Mer des Songes, mais aussi de futures publications éventuelles, de manifestations auxquelles j'aurais l'occasion de participer, etc. Pour en savoir plus sur mes romans, n'hésitez pas à cliquer sur les catégories qui portent leur nom. Et pour me contacter, laissez un commentaire. Je reviendrai vers vous dès que possible. Merci de votre visite !
24 mars 2109, Oïmiakon, 22h
Nous sommes arrivés cet après-midi vers 14h. Le vol depuis Iakoutsk a été assez court, mais j’en avais déjà plein les pattes après les heures passées dans le jet pour rallier la république de Sakha depuis Bagdad. Et puis j’ai eu un sacré choc en descendant de l’appareil. Passer de 25° à -25°, merde, ça déménage ! D’après Sven, l’intello de l’équipe, la température la plus basse enregistrée dans le coin a été de – 71,2°, je ne sais plus quand au Xxe siècle. Une chose est sûre, ça ne me tente pas du tout de tester quelle sensation ça fait ! Sven a dit aussi que les environs servaient de Goulag à la même époque. Je n’ai pas tout compris à ce qu’il a raconté, mais apparemment un Goulag était un genre de camp de travail où les Russes se débarrassaient de tous les gêneurs. Les pauvres exilés ne devaient pas rigoler tous les jours. Je suis là depuis quelques heures et je ne rigole pas malgré mes fringues thermorégulées.
On s’est installé dans un vieux bâtiment en béton, mais à choisir, je crois que j’aurais préféré rester dans le speedster. Le béton est fissuré de partout à cause du gel et j’ai l’impression qu’il va s’écrouler sur nous même si on l’a renforcé. Katrin s’est foutu de ma gueule quand j’en ai fait la réflexion. De toute façon je passe toujours pour le trouillard du groupe. J’aimerais bien qu’un jour ils pigent tous qu’il y a une différence entre trouillard et prudent. Je sais pas pourquoi je continue à voyager avec eux, parfois j’ai vraiment le sentiment qu’ils me méprisent tous. La façon dont Pierre m’a parlé quand on déchargeait les caisses… « Eh le bronzé, tu bouges un peu ton cul de babouin, oui ! » Et il rigolait, comme s’il avait fait une bonne blague. Sale con de Français blanc. Va te faire foutre.
Heureusement qu’il y a Kurt. Lui il s’en fout que je sois pas blanc comme neige, que je m’appelle Tarek et que je sois né dans le ghetto de New-New-York. Tout ce qui l’intéresse, c’est que je sois le meilleur dans ce que je fais. Et c’est certain, personne peut me battre dans mon domaine. Il faudrait que les autres s’enfoncent ça dans le crâne une bonne fois pour toutes. A l’occasion je les y aiderai peut-être.
Putain, je suis vraiment crevé et je crois que je commence à délirer. Je vais aller me pieuter. Sven est en train d’apprendre à Katrin, Kurt et Dorian un jeu de cartes qui date du Moyen-Âge. Ce type passe sa vie fourré sur l’Interlink, je comprends pas comment on peut s’intéresser à autant de trucs en même temps sans avoir la tête qui éclate. Mais au moins on ne s’emmerde jamais quand on discute avec lui. Pierre est en train de monter la garde dehors et j’espère qu’il se les gèle bien. Dans six heures c’est à mon tour de le relever. Il faut vraiment que je dorme.