Mise à jour : pour retrouver toutes mes infos, rendez-vous désormais sur www.anaiscros.fr Je suis auteur et le but de ce blog est de communiquer avec mes lecteurs, autour de ma série de fantasy Les Lunes de Sang et de mon roman fantastique La Mer des Songes, mais aussi de futures publications éventuelles, de manifestations auxquelles j'aurais l'occasion de participer, etc. Pour en savoir plus sur mes romans, n'hésitez pas à cliquer sur les catégories qui portent leur nom. Et pour me contacter, laissez un commentaire. Je reviendrai vers vous dès que possible. Merci de votre visite !
Bonsoir !
Comme promis, je mets en ligne le début d'une autre nouvelle.
Une partie avait été publiée sur le site Atemporel dans le cadre d'une nouvelle collaborative, mais finalement ça ne s'était pas vraiment fait et j'ai décidé de collaborer avec moi-même. Le récit se découpe en 4 petites parties dont voici la première.
Je vous invite également à jeter un coup d'oeil sur le blog de Zarbouf dont les premières aventures vont être mises en ligne quelques minutes après ce post.
Sinon, rien à voir, mais j'avais envie de le dire... Je suis en train de lire Le Loup des Steppes de Hermann Hesse et je trouve ce bouquin positivement génial, alors je lui fais de la pub (même si monsieur Hesse n'en a plus besoin là où il est). Je le trouve profond et vrai, sans pour autant être chiant ce qui est souvent le cas des bouquins "philosophiques". Mais le style de Hesse est tellement fluide et accessible qu'on se retrouve à réfléchir à des trucs importants sans même s'en rendre compte. Bref, comme vous l'aurez compris, je suis fan. Je n'en dis pas plus, je vous laisse y jeter un oeil par curiosité ou passer votre chemin.
En attendant bonne soirée et vive la lecture ! :o)
@+
Douce Nuit
Ivy tira sur sa cigarette et jeta un regard à sa montre. Il était minuit passé, l’homme qu’elle attendait n’allait plus tarder. La trapéziste se mit à faire les cent pas, promenant son corps mince et athlétique dans l’obscurité, fumant avec une délectation certaine. Si son partenaire l’avait vue avec une cigarette à la main, il lui aurait fait une scène insupportable et Ivy n’était pas mécontente de lui jouer ce petit tour en douce. Frédéric ne cessait de répéter que leur vie dépendait de leur forme physique lorsqu’ils étaient dans les airs. Par moments Ivy songeait qu’elle aurait volontiers eu une petite défaillance au moment de rattraper son tyrannique partenaire. Cette pensée lui arracha un sourire, mais elle dut admettre qu’elle avait encore besoin de Frédéric. Celui-ci était peut-être un imbécile, mais il était doué et il était malheureusement pour quelque chose dans le succès de leur numéro.
La nuit était douce en ce mois d’août. Le voile nocturne avait apaisé la fournaise du jour et la température était très agréable. Un grand calme s’était étendu sur la petite place qu’occupait le cirque, le silence était profondément tranquille. Ivy leva les yeux, mais les lumières de la ville qui les entourait cachaient le scintillement des étoiles. C’était sans importance, la jeune femme n’avait jamais été sentimentale et les beautés de la nature la laissaient indifférente. Une seule beauté méritait son attention, la sienne, et c’était pour en sauver la réputation qu’Ivy avait mis en route tous les engrenages qui l’avaient conduite à cette douce nuit.
Ivy ne tressaillit même pas lorsqu’une ombre se détacha soudain des luxueuses caravanes et se dirigea furtivement vers elle. Le nouvel arrivant voulut l’enlacer tendrement, mais la jeune femme le repoussa avec une froideur cruelle, réprimant un sourire en constatant à quel point il était facile de le blesser. Il se mit à lui murmurer des paroles d’excuses, des mots d’amour qui reflétaient toute la délicatesse d’une âme extraordinairement sensible. Ivy écouta ces atermoiements avec distance, puis elle prit une profonde inspiration, interrompit le flot de gentillesses et se mit à déverser son poison.
Ivy ne parla pas très longtemps, mais elle savait trouver les mots pour toucher, humilier, détruire. Elle piétina l’homme qui l’avait rejointe comme elle aurait piétiné de la mauvaise herbe, avec mépris et froideur. Il fut incapable de lui répondre et, au moment où elle tournait les talons, elle sut qu’elle allait triompher. Elle prit tout de même la peine de se cacher et d’observer le résultat de ses intrigues. Sa victime resta immobile un très long moment, la tête basse, puis l’homme pivota mécaniquement sur lui-même et se mit en marche, inéluctablement. Ivy le suivit, ultime mesure de précaution.
L’homme regagna sa propre caravane et Ivy vit une lumière s’allumer à la petite fenêtre. La jeune femme n’eut pas besoin de patienter très longtemps. L’homme n’était pas dans la caravane depuis deux minutes qu’un coup de feu ébranlait violemment le silence nocturne. Ivy se mordit la lèvre inférieure, puis porta la main à sa bouche pour étouffer un rire de triomphe et s’éloigna en courant.
Un moment plus tard, elle était allongée dans son lit, feignant d’ignorer l’agitation que le coup de feu avait déclenchée, un large sourire étirant sa bouche si désirable. Elle avait réussi, elle s’était débarrassée de son rival. Le fameux clown Gianno qui attirait tant de gens au cirque n’était plus, désormais on ne viendrait plus que pour la voir, elle. Sa beauté n’avait plus à souffrir de cette insupportable concurrence. Oh oui, comme cette nuit était douce…