Mise à jour : pour retrouver toutes mes infos, rendez-vous désormais sur www.anaiscros.fr Je suis auteur et le but de ce blog est de communiquer avec mes lecteurs, autour de ma série de fantasy Les Lunes de Sang et de mon roman fantastique La Mer des Songes, mais aussi de futures publications éventuelles, de manifestations auxquelles j'aurais l'occasion de participer, etc. Pour en savoir plus sur mes romans, n'hésitez pas à cliquer sur les catégories qui portent leur nom. Et pour me contacter, laissez un commentaire. Je reviendrai vers vous dès que possible. Merci de votre visite !
Lorsque nous sortîmes de table il était dix heures passées. Le Prince proposa que nous nous reposions jusqu’à l’heure du départ et que nous en profitions pour dormir un peu. A voir ses traits tirés et les cernes sous ses yeux, il était évident qu’il avait besoin de repos. Je me demandai si lui aussi ne commençait pas à souffrir de la destruction des pays imaginaires. Aussitôt mon regard se reporta sur James. J’eus alors l’impression pénible qu’il était pâle et fatigué même s’il ne laissait rien voir d’une éventuelle faiblesse. L’angoisse m’envahit et je me mis à prier que nous arrivions à résoudre le problème avant qu’il ne soit trop tard.
J’ouvris le canapé pour qu’il fasse office de lit, puis cherchai une couverture pour le Prince tandis que James me précédait dans ma chambre. J’installai le Prince aussi confortablement que possible et me surpris même à le border. Lorsque mes doigts effleurèrent les siens, je me rendis compte qu’ils étaient glacés.
- Prince ? murmurai-je. Vous vous sentez bien ?
Il rouvrit ses paupières qu’il avait déjà laissé lourdement retomber et m’offrit un sourire blême.
- J’avoue que je ne suis pas en très grande forme, souffla-t-il. Mais ne vous inquiétez pas pour moi, ça ira… Je pense qu’ils doivent se battre au Pays Imaginaire, le temps nous est compté…
- Nous réussirons, fis-je avec une assurance que j’étais loin de ressentir. Plus que quelques heures et nous réussirons.
Il acquiesça vaguement.
- J’ai besoin de dormir, souffla-t-il.
Et il referma les yeux. Je me redressai, les sourcils froncés, inquiète. Mon regard croisa celui d’Outroupistache. Le gnome était sombre. Assis dans un coin obscur, il se mit à faire marcher son rouet tout en chantant à voix basse.
La nuit enveloppe les cœurs
Des personnnages de l’Imaginaire
A leur tour ils ressentent la peur
De n’être fait que de chair
Délaissés par leurs créateurs
Les voilà plus humains que jamais
Devant leur ciel qui agonise…
Et il continua ainsi encore et encore, sur un ton grave et mélancolique, emplissant les ténèbres d’une douloureuse tristesse. Cela finit par devenir si insupportable que je quittai brusquement le salon pour me réfugier dans les bras de James. Il était assis au bord du lit, la tête dans la main, son visage caché par ses cheveux. Je m’agenouillai aussitôt à ses pieds et le fis relever le menton. Je frémis en touchant sa peau.
- James, mais tu es brûlant ! m’exclamai-je.
Il soupira.
- Le combat a commencé au Pays Imaginaire, murmura-t-il. Et l’issue ne fait aucun doute…
- Oui, elle ne fait aucun doute, répondis-je fermement. Nous allons emmener Outroupistache à l’orphelinat et il règlera le problème.
James eut un sourire triste.
- Ou alors nous serons morts avant même d’avoir pu quitter ce maudit appartement, répliqua-t-il sans la moindre animosité.
J’eus brusquement envie de le secouer.
- Je t’interdis de dire ça !
J’avais à moitié hurlé. James me dévisagea avec surprise, puis une petite étincelle apparut dans ses yeux. Je me jetai sur cet espoir.
- Tu ne mourras pas, je le refuse, insistai-je. Tu m’entends ? Je refuse ! Tu es fort, tu vas te battre, tu ne mourras pas ! Outroupistache va vous sauver !
James glissa tendrement sa main dans mes cheveux, puis m’attira doucement contre lui. Je le serrai dans mes bras avec force, comme pour le retenir contre moi à tout jamais. Nous nous allongeâmes lentement sur le lit, enlacés, silencieux. La fièvre faisait frissonner James par moment et je le serrais alors plus fort. J’aurais aimé absorber son mal en moi, mais je ne pouvais rien faire. Rien de plus que me répéter incessamment : je crois en toi, je crois en toi, je crois en toi…