Mise à jour : pour retrouver toutes mes infos, rendez-vous désormais sur www.anaiscros.fr Je suis auteur et le but de ce blog est de communiquer avec mes lecteurs, autour de ma série de fantasy Les Lunes de Sang et de mon roman fantastique La Mer des Songes, mais aussi de futures publications éventuelles, de manifestations auxquelles j'aurais l'occasion de participer, etc. Pour en savoir plus sur mes romans, n'hésitez pas à cliquer sur les catégories qui portent leur nom. Et pour me contacter, laissez un commentaire. Je reviendrai vers vous dès que possible. Merci de votre visite !
James était allongé sur le dos à côté de moi, respirant profondément, ses doigts effleurant les miens sur le matelas. Je me redressai et tirai les draps sur nous. Puis je me glissai contre lui, mêlant mes jambes aux siennes, et m’appuyai sur un coude pour pouvoir le regarder. Machinalement mon index se mit à jouer autour de son téton. Il avait les yeux fermés comme s’il dormait, mais un sourire se dessina sur ses lèvres sous ma caresse.
J’eus mal en voyant ce sourire se teinter rapidement d’amertume. Il ouvrit soudain les yeux et je constatai avec tristesse qu’ils étaient à nouveau de glace. Je n’avais aucune envie que la scène que nous avions vécue plus tôt se répète. Il commença à repousser les draps pour se lever, mais je m’assis brusquement sur son bas-ventre, l’empêchant de bouger.
- Vous êtes mon prisonnier, monsieur, lançai-je avec un sourire.
Il se laissa retomber sur l’oreiller avec un soupir et me regarda d’un air patient. Je me mis à jouer distraitement avec son nombril.
- Pourquoi tu ne veux pas rester avec moi ? demandai-je d’un ton cette fois sérieux.
- Arrête ça, répondit-il calmement.
- Arrêter quoi ? fis-je innocemment.
Sa main saisit la mienne au moment où mon doigt pressait une fois de plus le bouton de son nombril. Sa pression était douce, mais ferme. Je soupirai. Puis je me sentis brusquement en colère et m’écartai de lui, retrouvant ma place de l’autre côté du lit.
- Et bien va-t-en alors, grommelai-je avec aigreur. Mais ensuite ne viens pas te plaindre que c’est moi qui ne t’aime pas.
Je m’enroulai dans les draps et lui tournai le dos. Quelques secondes s’écoulèrent en silence tandis que je guettais ses mouvements. Lorsqu’il finit par se lever sans un mot, je serrai les paupières jusqu’à en avoir mal et me recroquevillai encore davantage. Je voulais dormir et ne plus jamais me réveiller. Je sentis les larmes se mettre à couler le long de ma tempe et de mon nez, et je priai pour qu’il ne les voit pas. Je refusais de lui faire ce plaisir. Je me mordis l’intérieur de la joue pour contenir les sanglots qui se pressaient dans ma gorge et attendis, espérant qu’il ne traînerait pas.
J’étais si concentrée pour retenir mes larmes que je ne l’entendis pas approcher. J’ouvris brusquement les yeux lorsque quelque chose de froid effleura mon nez. Je m’immobilisai aussitôt en découvrant que c’était un crochet qui essuyait ainsi mes larmes. Mon regard rencontra celui de James. Ses yeux bleus étaient troublés. Je m’obligeai à chasser la peur des miens. Il pencha la tête de côté comme s’il cherchait à comprendre quelque chose.
- C’est la première fois que quelqu’un pleure pour moi, murmura-t-il. Je veux dire… que quelqu’un pleure pour moi, et pas à cause de moi.
Je ne pus retenir un sourire plein de sanglots. Il sourit à son tour, mais redevint aussitôt sérieux.
- Je suis un monstre, souffla-t-il. J’appartiens au Pays Imaginaire parce que je suis un monstre, l’ennemi sanguinaire de Peter Pan, prêt à tout pour le tuer, lui, un enfant. Comment pourrais-je…
Il s’interrompit, poussa un profond soupir. Je me redressai légèrement et caressai sa joue.
- Nous ne sommes pas au Pays Imaginaire, mon amour, chuchotai-je.
Son visage s’éclaira légèrement comme il examinait cette idée.
- C’est vrai, admit-il. Nous ne sommes pas au Pays Imaginaire. C’est vrai… Peut-être qu’ici… Tu crois que ce serait possible ?
Je souris encore plus largement. Je quittai le lit et me glissai dans ses bras, contre sa peau, appuyai mon visage contre son torse, respirai son odeur virile.
- J’y crois, mon amour, mumurai-je. J’y crois…
Il me serra contre lui avec force un instant, puis m’écarta doucement. Ses yeux bleus brillaient d’une chaleur inhabituelle, un sourire délicieux illuminait son visage. Ses lèvres formèrent silencieusement les trois mots que j’attendais, puis s’emparèrent des miennes. Nous retombâmes sur le lit.