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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 22:10
Suite de la nouvelle !

Bon week-end à tous ! :o)
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           Lorsque je m’éveillai le lendemain, j’eus toutes les peines du monde à me dégager des draps qui s’étaient enroulés autour de moi comme pour me momifier. J’étais vaguement nauséeuse et un léger mal de tête me taraudait, mais a priori j’avais encore toute ma raison. Mon premier geste, après avoir réussi à m’extirper du lit, fut de regarder le portrait de Chopin. Comme toujours le regard du musicien se portait au-delà du monde et ses lèvres étaient à peine entrouvertes. Je secouai la tête avec un soupir amusé. Certains rêves sont vraiment réalistes, songeai-je ironiquement. Mais je ne pus me cacher longtemps que sous cette ironie se cachait un peu de l’angoisse que j’avais ressenti pendant ce rêve. Ou plutôt ce cauchemar.

            Ces derniers vestiges d’inquiétude furent chassés par une longue douche et un bon petit-déjeuner. J’avais à nouveau parfaitement repris pied dans la réalité. J’étais en train de préparer mon repas de midi, chantant à tue-tête pour accompagner le cd que lisait ma chaîne, lorsque le téléphone sonna. J’esquissai un pas de danser pour éteindre la musique, puis décrochai.

            - Allô ? lançai-je avec bonne humeur.

            Je fus envahie de joie en reconnaissant la voix de Simon, mon petit ami depuis quelques mois. Il n’avait pas pu venir la veille au soir pour des raisons qui m’avaient échappé, mais j’étais ravie de l’entendre. Cependant mon plaisir décrût aussi vite qu’il était monté. Je l’écoutai pendant un petit moment, mon corps se crispant lentement. Lorsque je voulus parler, je dus d’abord me forcer à desserrer la mâchoire.

            - Comment ça tu me quittes ? finis-je par articuler.

            Avec un froid détachement je constatai qu’il eut un temps d’hésitation. Il avait au moins la politesse de paraître un peu gêné. Il marmonna quelques paroles inintelligibles dans lesquelles je distinguais la présence d’une autre femme et quelque chose comme le train- train quotidien.

            - Tu aurais au moins pu me le dire en face, coupai-je d’un ton glacé.

            Nouveaux marmonnements. Plates excuses. Sait qu’il est lâche. Désolé. Sans lui laisser le temps de finir, je raccrochai d’un geste brusque. Je fixais encore le téléphone lorsqu’il se remit à sonner. Je décrochai le combiné, le posai sans écouter la voix nasillarde qui en sortait et remis la musique, avant de poursuivre la préparation de mon repas. Aucun problème. Il voulait partir ? Je le rayais de ma vie.

            Quelques heures plus tard, je me retrouvai pelotonnée à la tête de mon lit, les draps serrés contre moi comme un vestige de doudou enfantin. Ma chaîne égrenait les Nocturnes de Chopin que j’aimais écouter lorsque tout me semblait désespérément sombre. Fixant le bout du lit, je serrai les dents à en avoir mal, m’empêchant de pleurer. J’allais parfaitement bien. Parfaitement bien. Je poussai un soupir profond comme les abysses, songeant au film que j’aurais dû aller voir au cinéma si ma vie n’avait pas connu un brusque raté. De toute façon il  ne m’intéressait pas. Plus rien ne m’intéressait.

            - Je suis désolé, fit soudain une voix. Vous sembliez très attachée à lui.

            Je fermai les yeux dans un gémissement désespéré. Ca recommençait.

            - Ne vous laissez pas abattre, poursuivit le portrait avec une grande douceur. Il ne vous méritait pas. Pour ma part, je ne l’ai jamais apprécié.

            J’eus un sursaut involontaire. Me laissant envahir par la colère pour écarter ma peur, je me redressai et me tournai vers le tableau. Il me souriait amicalement.

            - Comment ça vous ne l’avez jamais apprécié ? répliquai-je d’un ton soupçonneux. Ca fait combien de temps que vous m’espionnez ?

            A l’instant où je prononçais ces paroles, je me sentis envahie par l’horreur. Je devenais vraiment cinglée. Je parlais à un tableau. Et ce tableau me répondait.

            - Je ne vous espionne pas, disait-il d’un air offusqué. Je suis là de temps en temps, c’est tout.

            Je me levai brusquement et reculai précipitamment, manquant de renverser ma table de chevet. Cette fois je n’étais pas en train de rêver et je n’avais pas bu une goutte d’alcool. Ne restait plus qu’une solution : je perdais la boule. Je m’obligeai à prendre de profondes inspirations tandis que le portrait m’observait avec inquiétude.

            - Très bien très bien très bien, marmonnai-je. J’ai une hallucination. C’est ça, une hallucination. Et j’ai conscience que j’hallucine.

           Je secouai la tête. Je ne me souvenais pas si les théories que j’avais étudiées prévoyaient ce cas de figure. A vrai dire, j’en doutais fortement. Je tournai néanmoins ostensiblement le dos au portrait pour fouiller dans ma bibliothèque où j’avais abandonné tous mes cours de fac avant de me tourner vers l’écriture.

            - Qu’est-ce que vous faîtes ? demanda le tableau.

            Je frémis et décidai de faire comme s’il n’était pas là. Je lui tournai encore davantage le dos et entrepris de fouiller dans mes vieux classeurs. Psychose… Hallucinations… Je lus rapidement les quelques lignes à ce propos disséminées dans tous mes cours. Comme j’aurais pu le prévoir, cela ne m’apprit strictement rien. Le portrait n’avait plus rien dit et lorsque je finis par me relever j’espérais vaguement que c’était passé. Mais à peine avais-je reposé les yeux sur lui qu’il se ranima.

            - Vous n’êtes pas folle, affirma-t-il. Laissez-moi vous expliquer.

            - C’est ça, grognai-je. Je ne suis pas folle et il y a des tas de gens qui écoutent des tableaux leur raconter leur vie. D’ailleurs pourquoi un tableau ne parlerait pas ? Hein ? Nan mais franchement ?

            Tout en débitant ces stupidités d’un air bravache, je m’approchai prudemment pour décrocher le tableau du mur. Une autre idée venait de me traverser. On était capable de faire tellement de choses avec la technologie de nos jours, peut-être tout ceci n’était-il qu’une vaste blague extrêmement sophistiquée. Je dus m’obliger à poser les doigts sur le cadre un peu poussiéreux, mais malgré mes craintes je ne ressentis aucune brûlure, je ne fus pas foudroyée sur place, et je pus retirer le portrait du mur. J’examinai rapidement le cadre, puis le dos de la peinture, mais rien ne semblait anormal. J’envisageais de découper la toile du fond pour voir si elle ne cachait rien, mais on aurait dit que le portrait avait lu dans mes pensées.

            - N’abîmez pas le tableau ! fit-il soudain.

            Il ajouta encore autre chose, mais je ne le compris pas. J’avais laissé tomber la peinture à l’envers sur le lit et j’avais dévalé l’escalier de la mezzanine à toute vitesse. En quelques secondes j’eus enfilé mes chaussures, attrapé mon sac et quitté le studio. La rupture avec Simon avait au moins un avantage, elle me permettait de me réfugier chez une amie sans avoir besoin de mentionner que j’avais fui devant un tableau parlant.

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 18:03
Hello tout le monde !

Désolée pour le long silence, mais entre les pannes d'internet et l'absence de vraie actualité, je n'ai pas eu beaucoup d'occasions de poster.
Histoire de combler un peu ce manque, je vous propose une vieille nouvelle qui date de 2004. Il s'agit d'un petit délire personnel concernant celui qui restera définitivement mon grand amour musical. Je n'en dis pas plus, à vous de le découvrir. ;o)

Bonne soirée !
@+



            Après avoir refermé ma porte derrière les derniers amis qui m’avaient aidée à ranger le désordre de notre petite soirée, je titubai jusqu’au canapé qui trônait au milieu de mon studio et m’effondrai dessus en songeant ironiquement que j’étais quelque peu ivre. D’un de ces regards tangents que provoque l’alcool, j’évaluai la distance qui me séparait de la petite mezzanine où se trouvait mon lit. Mes yeux glissèrent sur la reproduction du portrait de Chopin par Delacroix qui surplombait ma literie et je soupirai. Arriver jusque là n’allait pas être une mince affaire et m’asseoir sur le canapé avait été la première erreur de ce parcours difficile. J’ôtai mes chaussures avec des gestes maladroits, espérant vaguement que mes orteils nus auraient une meilleure prise sur le sol, me délestai des boucles d’oreilles dont le poids me faisait tanguer, les abandonnant sur ma table basse, et pris mon courage à deux mains. Suite à quoi, avec cette logique propre aux heures nocturnes, j’allumai la télévision au lieu de me lever.

            Soupirant après ma propre paresse, m’efforçant de calmer le roulis de mon cerveau, je m’étendis sur le canapé, fixant d’un œil morne un documentaire sur les cordonniers d’une petite ville d’Inde. Je restai ainsi une bonne demi-heure, l’esprit vide, la télécommande à la main, comme fascinée, incapable de détourner la tête. Lorsque la télévision s’éteignit brusquement, il me fallut quelques secondes, ahurie, pour me rendre compte que c’était mon doigt qui avait pressé le bouton de veille. Je me frottai vigoureusement les yeux, estimai que l’infiltration de l’alcool dans mon cerveau avait enfin cessé, et me levai prudemment. En effet, je tenais parfaitement debout en équilibre sur mes deux jambes. Très impressionnant.

            Tout en m’étonnant de cette étrange capacité de l’humain à se déplacer sur deux pattes, je gagnai la salle de bain, me brossai mollement les dents, me démaquillai, ou plutôt étalai mon ricil sur l’ensemble de mes paupières, et passai aux toilettes. Tentant de conserver un peu de dignité, je montai tranquillement les quelques marches qui me séparaient de la mezzanine. Je faillis me jeter sur mon lit sans plus de cérémonie, mais un reste de discipline m’obligea encore à ôter mes vêtements et à les poser sur une chaise. Ceci fait et jugeant que j’avais rendu à mon humanité tous les honneurs qui lui étaient dus, je me laissai plonger dans le sommeil.

            Ou plutôt je tentai de me plonger dans le sommeil. En effet, allongée sur le dos, fixant le plafond sur lequel les lampadaires de la rue dessinaient d’étranges ombres, je me rendis compte que je n’avais aucune envie de dormir. Malgré la soirée qui s’était prolongée fort tard, malgré l’excitation de la préparation qui avait duré toute la journée, malgré la quantité de vin que j’avais éclusée, j’étais soudain bien trop nerveuse pour dormir. La plupart des gens ne croient pas aux pressentiments, pourtant je suis sûre que ce ne fut rien d’autre qui me mit dans un état pareil cette nuit-là. Je sentais que quelque chose allait se passer de tout à fait inhabituel. Cependant je n’en avais pas conscience et tout ce qui me venait à l’esprit était une forte impatience de trouver le repos afin de ne pas ressembler à un mort-vivant le lendemain. Je me roulai en boule sur le côté et obligeai mes paupières à se fermer.

            - Vous avez laissé le four allumé, fit soudain une voix masculine teintée d’un curieux accent.

            Je rouvris brutalement les yeux, mais ne bougeai pas. En quelques secondes mon corps se couvrit d’une sueur glacée et mon cœur se mit à s’affoler. Je me forçai à respirer calmement, dans cette vaine imitation du sommeil que nous avons tous tenté un jour pour tromper nos parents, et tendis l’oreille. Mais il n’y avait aucun son dans la pièce, rien à part le tic tac de ma montre sur la table de chevet, le ronronnement sourd de la ventilation et de temps en temps le bruit d’une voiture dans la rue. Je déglutis et tentai de me raisonner.

            J’étais stupide de paniquer ainsi, bien sûr. Il n’était pas difficile de trouver une explication rationnelle à ce qui venait de se passer. Sans aucun doute j’étais plus près du sommeil que ce que j’avais cru et la voix que j’avais entendue n’était que la mienne, déformée par quelque caprice de mon imagination onirique. J’avais dû noter inconsciemment que le four était toujours allumé et cette pensée n’avait ressurgi que maintenant sous cette forme curieuse. Lorsque je raconterais ça à mes amis, ils en riraient comme moi.

            Malgré ce beau raisonnement, le bras que je tendis hors du lit était plus qu’hésitant et j’éprouvai un soulagement coupable lorsque la lumière me confirma que j’étais bien seule. Je poussai un profond soupir et me levai pour descendre dans la partie cuisine. Là je pus en effet constater que j’avais omis d’éteindre le four à gaz qui continuait à brûler son énergie inutilement, et même dangereusement. Je coupai l’arrivée de gaz d’un geste sec tout en maudissant mon inattention. J’évitai de songer au genre d’accidents qui aurait pu se produire, m’octroyai un verre d’eau, les émotions m’ayant laissé la gorge aussi sèche et aride que le Sahara, puis remontai me coucher.

            Comme toujours mes yeux passèrent sur le portrait de Chopin et j’eus l’impression absurde qu’il me souriait. J’écartai cette perception trompeuse d’un soupir et me replongeai dans mes draps. J’avais la main sur l’interrupteur de ma lampe de chevet lorsque la voix parla à nouveau.

            - Vous devriez faire attention, ça peut être dangereux.

            Le cri qui monta en moi resta coincé dans ma gorge comme une arête de poisson et je me redressai brutalement. La voix venait de la tête de mon lit, j’en étais absolument certaine. Je me retournai, saisissant au passage l’arme la plus proche, à savoir un oreiller presque aussi plat que la Terre des anciens. Mais il n’y avait rien derrière moi, que le mur et, accroché sur ce mur, le portrait qui avait tourné son regard vers moi. La peinture esquissa un sourire timide.

            Je fis un gros effort pour m’évanouir, mais mon esprit refusa de se déconnecter et tout ce que je parvins à faire fut de cligner des paupières, bouche-bée, l’oreiller serré contre moi.

            - Je ne vous veux pas de mal, reprit le tableau d’une voix douce. Je veux simplement bavarder un moment.

            Je ne pensais pas que ma mâchoire pouvait tomber plus bas, je pus constater que je me trompais. Je dus faire un effort pour refermer la bouche. Puis je reposai lentement l’oreiller devant moi. Non, non et non. Ce n’était pas possible. De trois choses l’une, soit j’étais beaucoup plus ivre que ce que j’avais cru, soit je devenais complètement folle, soit je rêvais. La dernière solution me parut la plus probable. Le portrait semblait sur le point de parler encore et je l’arrêtai d’un geste agacé. Il laissa ses lèvres se clore à nouveau, l’air déçu. Je secouai la tête.

            - Très bien, fis-je à voix haute. Quel est le meilleur moyen de cesser de rêver quand on sait qu’on rêve ? Me dire que je vais me réveiller ? Non, j’ai déjà l’impression d’être réveillée. C’est même une impression sacrément réaliste, ajoutai-je avec une pointe d’angoisse.

            Je glissai un regard rapide sur le portrait. Le tableau m’observait, impassible. Je me détournai aussitôt.

            - Le meilleur moyen, repris-je d’une voix forte pour me donner du courage, c’est de me rendormir dans le rêve. Comme ça je cesserai de rêver que je rêve et je pourrai me réveiller. C’est parfaitement logique. D’ailleurs je vais le faire tout de suite.

            Et je m’allongeai brusquement, ramenai les draps sur moi et éteignis la lumière. Ma volonté s’y opposait avec orgueil, mais la petite partie de moi qui n’était pas soumise à ce tyran écouta attentivement. Au bout de quelques secondes je crus entendre un soupir résigné. J’étouffai un hoquet de terreur et m’enfonçai sous les draps. Je mourais de chaud dans cette position, mais au moins je n’entendais plus rien d’autre que les battements de mon cœur. Aussi inconcevable que cela puisse paraître, je ne tardai pas à m’endormir.

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Published by Anaïs Cros - dans Textes
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 20:52
Hello tout le monde !

Brice et moi travaillons actuellement à une bande-dessinée tirée de la Mer des Songes.
Voilà un petit aperçu du personnage principal, Théo, plongé en plein stress.
Si vous voulez voir l'autre moitié de l'image en normal, je vous invite à aller sur le blog de Brice dont l'adresse est dans les liens.



Alors, qu'est-ce que vous en pensez ? Plutôt sympa, non ? :o)

Sur ce, je vais finir ma valise. Demain, c'est départ en vacances près d'Etretat ! Yessss !

Bonne soirée !
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 13:31
Helloooo !

Voilà ENFIN la fin de cette nouvelle.
Désolée, mais il fallait que j'attende que l'inspiration vienne et cette garce avait décidé de faire des détours.
De toute façon, je ne pouvais décemment pas laisser le nombre d'articles dans la catégorie Texte à 69. Il fallait agir, c'est chose faite.
Dîtes-moi ce que vous en pensez !

Bon après-midi !
A+



Vertige

 

Ivy entendait la musique, elle percevait au coin de son regard le spot braqué sur elle et de l’autre côté du vide Frédéric qui la fixait. Elle avait conscience de la présence du public, de ses camarades qui l’observaient depuis les coulisses. En vérité elle avait conscience du moindre mouvement dans la foule, de la moindre ombre, de sa propre respiration, de la pression infime de ses vêtements moulants contre sa peau, des battements de son cœur qui lui martelaient la poitrine comme le galop d’un animal affolé et même de l’air qui glissait entre ses lèvres tandis qu’elle respirait par a-coups, sur le point de s’étouffer. Elle avait conscience du monde qui l’environnait dans toute sa plénitude, dans ses millions de petits détails dérisoires et sublimes, et pourtant une seule chose dominait le pandémonium de la réalité, un seul visage, un seul regard… Celui de Gianno.

            Le clown la regardait en souriant. Il ne portait pas son costume et ses vêtements de ville, jeans et sweat-shirt en coton, lui donnaient l’air encore plus jeune qu’il ne l’avait été au moment de son suicide. Son suicide… Ivy se força à déglutir et sa gorge était si serrée que cela lui fit mal. Gianno était mort. Il fallait qu’il soit mort. Elle l’avait brisé, elle avait entendu le coup de feu. Avait-elle pu se tromper ? Avait-elle mal interprété les évènements ? Mais non, c’était impossible. Toute la journée, le seul sujet de conversation des membres du cirque avait été la mort de Gianno. Elle ne pouvait pas avoir rêvé ça. S’étaient-ils tous moqué d’elles ? Est-ce qu’il s’agissait d’un monumental complot pour la rendre folle ?

            Dans un effort surhumain Ivy parvint à détourner les yeux de Gianno qui continuait à sourire, doux et immobile. La tête lui tourna et elle se rattrapa de justesse à un filin, manquant de tomber quinze mètres plus bas. Elle n’avait jamais eu le vertige de sa vie et pour la première fois elle fut choquée par la hauteur à laquelle elle se trouvait. Elle carra les épaules, s’efforçant de réprimer une nausée destructrice. La musique était suspendue sur un rythme répétitif, le chef d’orchestre attendait qu’elle se décide. C’était à elle de commencer le numéro. Il fallait qu’elle saute.

            Ivy releva les yeux vers Frédéric. Malgré la distance, elle distinguait clairement son expression. Il avait les sourcils froncés, il semblait dans l’expectative. Ivy prit une profonde inspiration et elle eut l’impression de sentir ses alvéoles pulmonaires se dilater dans sa poitrine gonflée. Cette sensation l’apaisa un peu. Elle respira encore. Elle devait prendre une décision. Maintenant. Lentement, avec la prudence d’un enfant cherchant un monstre sous son lit, elle jeta un nouveau coup d’œil dans le public. Gianno n’avait pas bougé, la tête levée vers elle. Ivy se mordit la lèvre inférieure avec une telle violence qu’elle sentit le goût du sang dans sa bouche. Ses jambes se mirent à trembler sans qu’elle puisse les contrôler. Et brusquement une rage incontrôlable monta du fond d’elle. Non. Non, elle n’allait pas abandonner maintenant, pas après tout ce qu’elle avait sacrifié pour en arriver là. Que Gianno aille au diable ! Fantôme, hallucination ou plaisanterie très élaborée, elle s’en fichait royalement ! Elle n’avait jamais eu peur de rien, elle n’allait pas commencer pour un stupide clown !

            Retrouvant la maîtrise de son corps dans des mouvements cent fois répétés, Ivy leva les bras avec grâce, prit son trapèze et se jeta dans le vide. Malgré son rythme cardiaque bien plus élevé que d’habitude, elle effectua ses premières figures sans difficulté et des applaudissements lui parvinrent depuis la salle. Reprenant confiance en elle, ignorant avec cette nonchalance propre aux humains ce qu’elle ne pouvait comprendre, elle s’apaisa. Frédéric se lança à son tour et ils se rejoignirent plusieurs fois, faisant frémir la foule. Puis elle se prépara pour l’ultime figure, ce moment qu’elle adorait par-dessus tout où, l’espace d’un instant, elle volait sans aucune entrave.

            Un sourire aux lèvres, ne sentant pas le sang qui coulait de sa lèvre mordue, elle lâcha le trapèze et resta suspendue dans le vide. Le temps parut se ralentir et un bien-être merveilleux l’envahit, caressant chaque parcelle de son âme. Il n’y avait plus de pesanteur, plus de contrainte. Elle était une plume dans le vent, un nuage dans le ciel, et plus rien ne la rattachait au monde rampant des êtres humains. Elle était si loin au-dessus d’eux, comme quelque divinité extraordinaire qu’ils ne comprenaient pas, mais qu’ils devaient aimer. Oh oui, ils devaient l’aimer.

            Dans son monde au ralenti, Ivy vit Frédéric se rapprocher d’elle, se retenant par les genoux, tendant les mains vers elle. A son tour elle tendit les mains, confiante, certaine qu’il la rattraperait. Puis elle vit l’expression de son visage. Le chagrin, la fureur, le mépris et surtout, surtout, une haine indescriptible. Brusquement le temps se précipita en avant.

            Ivy sentit ses doigts effleurer les poignets de l’homme sans parvenir à s’y raccrocher. Il ne chercha pas à la retenir. Elle tomba. En une fraction de seconde le vide l’engloutit, la terreur, la stupeur, et le froid. Un froid immense. Et soudain, loin au fin fond de l’obscurité, une douce voix se mit à chanter une comptine pour enfant.

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Published by Anaïs Cros - dans Textes
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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 17:25

Hi !

Avant-dernière partie de la nouvelle...

Bonne soirée !
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Un monde ordinaire

           Ivy se réveilla en sursaut et resta aussitôt immobile, son cœur battant à lui en faire mal, ses cheveux et son visage humides d’une sueur malsaine. Pendant plusieurs secondes elle resta incapable de réagir, les yeux grands ouverts mais ne voyant rien, prête à hurler mais incapable d’émettre le moindre son. Peu à peu, avec la lenteur d’un insidieux serpent, son sang-froid lui revint et elle réalisa qu’elle était dans sa caravane, assise dans son lit, sa tête effleurant le plafond du petit renfoncement où se trouvait sa couche. Elle eut un petit rire nerveux qui se brisa comme une branche sèche que l’on casse. Faisant appel à toutes ces techniques qu’on lui avait enseignées pour chasser le trac, elle reprit le contrôle de sa respiration, retrouvant rapidement toute sa maîtrise d’elle-même. Aussitôt elle sauta du lit et courut à la petite fenêtre de sa caravane.

            Une certaine agitation régnait à l’extérieur, des lampes de poche trouaient la nuit, des gens allaient et venaient d’un air affligé, elle aperçut même l’uniforme d’un agent de police. Elle eut un nouveau rire, bien plus assuré. Un cauchemar. Ca n’avait été qu’un cauchemar, son plan avait parfaitement fonctionné. Brusquement très joyeuse, presque ivre de joie à vrai dire, Ivy s’habilla en toute hâte, se coiffa avec efficacité, illumina son visage divin de quelques traits discrets de maquillage et se précipita hors de la caravane, prête à jouer sa grande scène. La diva était en piste.

            Comme dans son rêve, ils étaient tous là, la fille de la caisse, les jongleurs, les dresseurs et les autres. Faisant mine d’ignorer le cercle qu’ils formaient tous autour de la caravane de Gianno, Ivy se jeta littéralement sur Frédéric.

            - Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle avec une inquiétude dosée à la perfection.

            Frédéric la dévisagea quelques secondes d’une manière qui la fit agréablement frémir. En cet instant ils étaient tous les deux en apesanteur, sur le fil, leurs vies ne tenant plus qu’à leur confiance mutuelle. Ivy savait que son partenaire la soupçonnerait après le pari qu’ils avaient fait, mais elle le connaissait suffisamment bien pour savoir également quel choix il ferait au moment de se confronter à ses soupçons. Il avait besoin d’elle, un geste de travers et elle pouvait le laisser faire le grand saut. Finalement Frédéric lui expliqua d’un ton neutre que Gianno s’était suicidé et Ivy put se livrer à toutes les démonstrations de désespoir qu’elle avait soigneusement mises au point.

            Quelques heures plus tard Igor annonça que le numéro des trapézistes remplacerait celui de Gianno pour un dernier hommage, puis le directeur du cirque ordonna à tout le monde de retourner à ses activités et de le laisser s’occuper des démarches. Ivy s’empressa d’obéir, trop heureuse de pouvoir faire une pause dans sa petite comédie. S’éloignant elle demeura saisie un instant, ayant cru voir le visage de Gianno dans la foule de forains et d’artistes de cirque, puis elle se secoua et reprit son chemin avec décision. Sans doute son triomphe lui montait-il quelque peu à la tête, mieux valait ne pas y prendre garde.

            Comme chaque jour, Ivy passa de nombreuses heures à s’entraîner, seule ou en compagnie de Frédéric, et elle était presque surprise de constater à quel point cette journée ressemblait à toutes celles qui l’avaient précédée. Certes le nom de Gianno était sur toutes les lèvres, mais en somme rien n’avait réellement changé pour le moment et le monde était resté tout ce qu’il y avait de plus ordinaire. Ivy en était un peu désappointée, mais elle décida de prendre son mal en patience. Il fallait attendre la représentation et son coup d’éclat pour effacer totalement le souvenir de Gianno et recentrer l’attention générale sur elle. Elle avait déjà tant attendu, elle pouvait bien consentir un dernier effort.

            Au soir Ivy tremblait presque d’excitation et Frédéric lui lança à nouveau plusieurs coups d’œil un peu inquiétants, mais la jeune femme n’était pas en état d’y prêter attention. Cette représentation était sa représentation et rien ne pourrait l’empêcher d’en profiter. Rapidement les numéros défilèrent jusqu’à ce qu’Igor annonce l’entrée en scène des trapézistes. Ivy et Frédéric firent le tour de la piste comme à l’ordinaire, saluant le public, puis ils grimpèrent agilement dans les filins jusqu’à rejoindre les petites plate-formes qui leur étaient réservées. Ivy salua encore, se préparant à sauter dans le vide, mais un visage parmi la foule la frappa brusquement. Elle eut l’impression que tout sang se retirait de sa poitrine et elle faillit s’effondrer et chuter dans le vide, se rattrapant à la dernière seconde. Gianno était là, assis dans le public comme si de rien n’était. Soudain il leva la tête vers elle, sourit et lui adressa un petit salut de la main. Ivy battit frénétiquement des paupières pour chasser cette vision, mais rien n’y fit. Et brutalement le monde ordinaire vola en éclats. 
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Published by Anaïs Cros - dans Textes
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 13:57
Bonjour !

Suite de la nouvelle...
Bon week-end !
@+




Réveil difficile

 

Les mains croisées sur son ventre plat, Ivy était à l’écoute de la nuit. Les échos du coup de feu s’étaient éteints depuis longtemps. La caravane d’Igor, le directeur, se trouvait juste à côté de celle de Gianno, et elle l’entendit frapper à la porte de son voisin, puis entrer. Elle perçut même une exclamation d’horreur qui la fit agréablement frissonner. Igor ressortit en appelant à l’aide. Elle crut l’entendre tituber, vomir peut-être, puis il téléphona aux secours. Ensuite tout devint confus.

            Flottant dans une douce béatitude, Ivy ferma les yeux. Des cris et des exclamations s’élevaient à l’extérieur, de plus en plus nombreux. Tout le cirque paraissait s’être réveillé et tourbillonner autour de la caravane de Gianno. Des sirènes déchirèrent la nuit, des flashs de lumière traversèrent les volets. Ivy avait l’impression d’être bien à l’abri dans un cocon tandis qu’un ouragan se déchaînait autour d’elle. Elle n’arrivait pas à cesser de sourire.

            Elle sursauta lorsque quelqu’un la secoua brusquement. Un instant une bouffée de crainte l’asphyxia, mais elle se ressaisit aussitôt. Elle posa un regard faussement embrumé sur Frédéric.

            - Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle d’un ton endormi.

            La comédie était une seconde nature chez elle. Frédéric la dévisagea un long moment. « Il pense au pari », songea Ivy sans inquiétude. Elle avait misé la moitié de son salaire du mois sur le fait que leur numéro deviendrait le numéro vedette avant la fin de l’année. Frédéric appréciait énormément Gianno et il avait rétorqué qu’ils ne parviendraient jamais à le supplanter. Et maintenant il la regardait comme si elle avait elle-même pressé la détente.

            - Qu’est-ce qui se passe ? répéta-t-elle d’un ton pressant.

            Elle fit mine de prendre conscience des bruits à l’extérieur et une expression horrifiée glissa sur son visage parfait.

            - Quelqu’un a eu un accident ? Frédéric, réponds, je t’en prie !

            L’homme parut faire un effort pour avaler sa salive, puis il secoua la tête.

            - Gianno… Il… Il s’est suicidé !

            Ivy porta la main à sa bouche, plus pour dissimuler son sourire que par horreur véritable. Elle bondit de son lit et courut à l’extérieur. Le gros de la troupe paraissait rassemblé là. Les jongleurs, les dresseurs, la fille de la caisse à la dent ébréchée, les acrobates, la contorsionniste… Ivy jeta un coup d’œil distrait à cette dernière. Même dans l’obscurité, elle paraissait vieille. Elle ne soutenait pas la comparaison, absolument pas.

Au moment où Ivy s’approchait, envahie par l’excitation, une équipe médicale sortit de la caravane de Gianno, portant une civière sur laquelle était allongé un corps. Celui qui avait été le clown le plus apprécié de toute l’histoire du cirque avait disparu dans un sac en plastique noir. Ivy prit une infime inspiration. Ce sac était la plus belle chose qu’elle avait jamais vue. Il représentait son ticket pour sortir de l’ombre, son aller simple pour la gloire. Il représentait son avenir.

Ivy se figea brusquement. Quelque chose avait remué dans le sac ! Les deux hommes qui portaient la civière s’immobilisèrent et peu à peu le monde entier parut se paralyser. Le cœur battant à tout rompre, les yeux écarquillés, Ivy ne comprenait pas ce qui se passait. Lentement, comme si une main invisible tirait dessus, la fermeture éclair du long sac noir s’ouvrit dans un long frottement. Puis celui qui était à l’intérieur s’assit calmement. Il était très blanc, tout l’arrière de sa tête avait été arraché, masse sanguinolente de chair, d’os et de cervelle. Lentement il tourna ses yeux clairs vers Ivy. Il paraissait très triste.

- Pourquoi ? murmura-t-il de sa voix si douce. Je t’aimais…

Ivy réprima un rire hystérique. Elle n’avait jamais assisté à quelque chose d’aussi absurde. Frédéric se tenait juste à côté d’elle. Instinctivement elle se rapprocha de lui, mais il l’ignora.  Il fixait Gianno sans réagir. Le clown défunt repoussa le plastique qui le couvrait et se leva. Il épousseta ses vêtements. Il avait toujours été d’une propreté méticuleuse.

- Tu n’as pas de cœur, Ivy, chuchota-t-il encore. Ton âme est remplie de poison. Ce poison va t’étouffer, il va te tuer. Je t’aimais…

Il fit un pas vers elle et brutalement son expression changea du tout au tout. Désormais il dardait sur elle un regard effrayant, plein de rage et de haine.

- Maudite ! hurla-t-il. Maudite !

Terrorisée, Ivy voulut reculer, échapper à l’horrible apparition, mais ses jambes se dérobèrent sous elle et elle bascula sèchement en arrière.

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 18:30

Bonsoir !

Comme promis, je mets en ligne le début d'une autre nouvelle.
Une partie avait été publiée sur le site Atemporel dans le cadre d'une nouvelle collaborative, mais finalement ça ne s'était pas vraiment fait et j'ai décidé de collaborer avec moi-même. Le récit se découpe en 4 petites parties dont voici la première.

Je vous invite également à jeter un coup d'oeil sur le blog de Zarbouf dont les premières aventures vont être mises en ligne quelques minutes après ce post.

Sinon, rien à voir, mais j'avais envie de le dire... Je suis en train de lire Le Loup des Steppes de Hermann Hesse et je trouve ce bouquin positivement génial, alors je lui fais de la pub (même si monsieur Hesse n'en a plus besoin là où il est). Je le trouve profond et vrai, sans pour autant être chiant ce qui est souvent le cas des bouquins "philosophiques". Mais le style de Hesse est tellement fluide et accessible qu'on se retrouve à réfléchir à des trucs importants sans même s'en rendre compte. Bref, comme vous l'aurez compris, je suis fan. Je n'en dis pas plus, je vous laisse y jeter un oeil par curiosité ou passer votre chemin.

En attendant bonne soirée et vive la lecture ! :o)
@+


Douce Nuit

Ivy tira sur sa cigarette et jeta un regard à sa montre. Il était minuit passé, l’homme qu’elle attendait n’allait plus tarder. La trapéziste se mit à faire les cent pas, promenant son corps mince et athlétique dans l’obscurité, fumant avec une délectation certaine. Si son partenaire l’avait vue avec une cigarette à la main, il lui aurait fait une scène insupportable et Ivy n’était pas mécontente de lui jouer ce petit tour en douce. Frédéric ne cessait de répéter que leur vie dépendait de leur forme physique lorsqu’ils étaient dans les airs. Par moments Ivy songeait qu’elle aurait volontiers eu une petite défaillance au moment de rattraper son tyrannique partenaire. Cette pensée lui arracha un sourire, mais elle dut admettre qu’elle avait encore besoin de Frédéric. Celui-ci était peut-être un imbécile, mais il était doué et il était malheureusement pour quelque chose dans le succès de leur numéro.

            La nuit était douce en ce mois d’août. Le voile nocturne avait apaisé la fournaise du jour et la température était très agréable. Un grand calme s’était étendu sur la petite place qu’occupait le cirque, le silence était profondément tranquille. Ivy leva les yeux, mais les lumières de la ville qui les entourait cachaient le scintillement des étoiles. C’était sans importance, la jeune femme n’avait jamais été sentimentale et les beautés de la nature la laissaient indifférente. Une seule beauté méritait son attention, la sienne, et c’était pour en sauver la réputation qu’Ivy avait mis en route tous les engrenages qui l’avaient conduite à cette douce nuit.

            Ivy ne tressaillit même pas lorsqu’une ombre se détacha soudain des luxueuses caravanes et se dirigea furtivement vers elle. Le nouvel arrivant voulut l’enlacer tendrement, mais la jeune femme le repoussa avec une froideur cruelle, réprimant un sourire en constatant à quel point il était facile de le blesser. Il se mit à lui murmurer des paroles d’excuses, des mots d’amour qui reflétaient toute la délicatesse d’une âme extraordinairement sensible. Ivy écouta ces atermoiements avec distance, puis elle prit une profonde inspiration, interrompit le flot de gentillesses et se mit à déverser son poison.

            Ivy ne parla pas très longtemps, mais elle savait trouver les mots pour toucher, humilier, détruire. Elle piétina l’homme qui l’avait rejointe comme elle aurait piétiné de la mauvaise herbe, avec mépris et froideur. Il fut incapable de lui répondre et, au moment où elle tournait les talons, elle sut qu’elle allait triompher. Elle prit tout de même la peine de se cacher et d’observer le résultat de ses intrigues. Sa victime resta immobile un très long moment, la tête basse, puis l’homme pivota mécaniquement sur lui-même et se mit en marche, inéluctablement. Ivy le suivit, ultime mesure de précaution.

            L’homme regagna sa propre caravane et Ivy vit une lumière s’allumer à la petite fenêtre. La jeune femme n’eut pas besoin de patienter très longtemps. L’homme n’était pas dans la caravane depuis deux minutes qu’un coup de feu ébranlait violemment le silence nocturne. Ivy se mordit la lèvre inférieure, puis porta la main à sa bouche pour étouffer un rire de triomphe et s’éloigna en courant.

            Un moment plus tard, elle était allongée dans son lit, feignant d’ignorer l’agitation que le coup de feu avait déclenchée, un large sourire étirant sa bouche si désirable. Elle avait réussi, elle s’était débarrassée de son rival. Le fameux clown Gianno qui attirait tant de gens au cirque n’était plus, désormais on ne viendrait plus que pour la voir, elle. Sa beauté n’avait plus à souffrir de cette insupportable concurrence. Oh oui, comme cette nuit était douce…

 

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 20:10
Bonsoir tout le monde !

J'ai une annonce à faire.
Vous aimez les légumes verts ? Les gens autour de vous trouvent que votre humour n'est accessible que pour les sages de la planète Ninpaurteukoi ? Vous avez de vagues origines dans la région de Bruxelles ? Dieu vous parle parfois et se prend pour votre grand-père ? Alors vous êtes prêt à découvrir... Zarbouf !
Le premier chou de Bruxelles sauveur de planète vous invite à découvrir ses aventures foldingotes ici :
http://zarbouf.over-blog.com/ (cf les liens)

Pour être un peu plus sérieuse, Zarbouf est le héros d'une série d'histoires que j'ai écrites avec une amie, le but étant de partir dans le délire le plus total. Vous pourrez juger par vous-même si on a réussi ou non. Le premier texte sera en ligne demain soir. N'hésitez pas à laisser des commentaires, la seule chose exigée c'est l'humour ! ;o)

Bonne soirée !
@+
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 13:42
Hello !

Wouah, deux articles dans la même journée, je vais avoir une crampe de blog. ;o)

Tout ça pour vous demander ce que vous pensez du nouveau look du blog.
J'en avais un peu marre de l'ancien, alors j'ai tenté quelque chose de différent. Brice, je me suis permis d'utiliser un des essais que tu avais fait pour la couv de La Lune Noire.
J'espère que ça vous plaît.

Bonne fin de journée !
@+
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 08:12
Bonjour !

Voilà la dernière partie de la nouvelle.
Désolée pour la chute un peu minable, mais je n'étais pas très inspirée.
Je continue à bosser sur mes cours de scénario, j'espère avoir quelque chose à vous faire lire dans les prochains temps.

En attendant, bon week-end (prolongé pour certains) !
@+


2 avril 2109, Oïmiakon, 3h32

 

            Cette fois-ci c’est la fin ! Ces salopards en ont eu marre d’attendre qu’on sorte de notre boîte de conserve, ils vont nous balancer au feu avec ! Ca leur a pas suffi d’arracher la tête à Dorian et de mettre Kurt en pièces ! Ca leur a pas suffi d’empoisonner Sven et Katrin, maintenant ils veulent nous balancer dans la brume ! Il y a une heure, ils se sont mis à gratter sur la coque du speedster, de plus en plus fort. Et puis on a commencé à bouger. Au départ c’était presque imperceptible, un centimètre après l’autre, mais maintenant ils ont accéléré. Je ne comprends même pas comment ces monstres peuvent déplacer un engin de plusieurs tonnes, mais ils sont en train de nous traîner vers le cratère. Ca a fait marrer Pierre quand il a compris. Maintenant il attend, son détonateur à la main. Dès qu’on commencera à glisser dans le trou, il fera tout péter. En espérant qu’on arrivera à refermer la porte. En espérant que ça suffira à les arrêter. En espérant qu’on ne passera pas de l’autre côté. En Enfer. Mon dieu, si Vous existez, c’est le moment de Vous montrer… Pierre m’appelle, il faut que je reste avec lui, que je lui donne le courage de nous tuer tous les deux. Personne ne lira ce journal, je le sais maintenant. Personne ne saura jamais ce qui nous est arrivé. On va mourir. On va mourir. C’est dingue. On va mourir.

 

 

Rapport radio de l’unité 5 des Forces de Sécurité de la Confédération Eurasienne

 

5 avril 2109. 8h00. Avons retrouvé le speedster X-W890 avec tout son équipage. Il semblerait qu’ils soient tous devenus fous après inhalation d’un gaz inconnu émanant d’un cratère situé dans la banlieue sud-ouest d’Oïmiakon. Examen médical poussé recommandé pour tous les membres de l’unité. Les scientifiques étudient le cratère avec toutes les précautions nécessaires. Le capitaine du X-W890, Kurt Weiler, a été battu à mort par au moins 4 individus, sans aucun doute ses compagnons. Son décès remonte au 30 mars 2109 à 12h14. Dorian Grey, médecin et biologiste, a été décapité avec un fusil laser faisant partie de l’équipement du speedster. Son décès est établi au 30 mars à 14h23. Sven Stillson, physicien, a reçu dans le ventre une décharge provenant d’un PZ-3 appartenant à l’équipe. Il est mort le 1er avril 2109 à 10h49. Katrin Weiler, physicienne, a été étranglée le 1er avril 2109 à 23h01. Pierre Grache, mercenaire, et Tarek Abdellatif, régulateur, semblent s’être fait exploser dans le speedster avec des charges de H-47 le 2 avril 2109 à 3h44. Aucune trace d’autres personnes. Continuons à rassembler les éléments de l’enquête. Terminé.

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  • Les Lunes de Sang
  • : Je suis auteur et le but de ce blog est de communiquer avec mes lecteurs, autour de ma série de fantasy Les Lunes de Sang et de mon roman fantastique La Mer des Songes, mais aussi de futures publications éventuelles, de manifestations auxquelles j'aurais l'occasion de participer, etc. Pour en savoir plus sur mes romans, n'hésitez pas à cliquer sur les catégories qui portent leur nom. Et pour me contacter, laissez un commentaire. Je reviendrai vers vous dès que possible. Merci de votre visite !
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