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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 18:14
Hello !

Désolée pour le retard, mais je me suis laissée un peu débordée les deux derniers jours. Je vais me rattraper, promis. ;o)

Bonne lecture !
@+

PS : comme d'hab, j'attends vos indications pour la suite.


1er avril 2109, Oïmiakon, 15h30

 

            Ca va mal. Ca va vraiment très mal et je ne vois pas comment on va s’en sortir. Je crois que cette fois-ci je vais mourir. J’ai besoin d’écrire ce qui s’est passé, besoin de laisser ce témoignage. On n’a plus aucun moyen de communiquer avec l’extérieur et je sais qu’on sera tous morts avant que quelqu’un ait l’idée de se demander ce qu’on fout. Au moins quand ils enverront une équipe d’intervention et qu’ils retrouveront nos cadavres, ils sauront ce qui s’est passé. Vous comprenez, vous qui me lisez ? C’est pour vous que j’écris ça alors que je suis malade de trouille, que mes mains tremblent et que la mort rôde à quelques pas. Pour que vous ne vous fassiez pas avoir vous aussi.

            Tout a commencé à partir en vrille il y a quatre jours. Un transporteur nous a déposé notre nouveau matériel et est reparti aussi sec. Pierre avait passé la veille à fouiller les environs. Il avait trouvé pas mal de traces du passage d’un ou deux individus, mais aucun autre indice. Le ou les salopards qui avaient posé le piège à loup savaient se dissimuler. Quant à leurs objectifs, ils étaient des plus obscurs. Kurt a finalement décidé qu’il s’agissait probablement d’un autochtone récalcitrant à se barrer et il a dit qu’on devait laisser tomber. J’ai bien vu que ça ne plaisait pas trop au Français, mais c’est un militaire et il a obéi.

            Je boitillais encore, mais je pouvais me tenir debout sans mal, alors j’ai aidé les autres à installer le nouveau matériel. On attendait beaucoup de ce nouveau scan et on était tous autour de l’écran quand il a affiché ses relevés. Résultat : néant. Ce truc qui était capable de détecter le plus infime changement dans la structure du soleil était infoutu de scanner notre minuscule cratère. Kurt était furieux. Et inquiet aussi, je crois. A raison, comme d’habitude.

            Sven insistait pour descendre et faire des prélèvements. Je n’avais jamais remarqué à quel point il pouvait être tête brûlée, mais ça m’a frappé ce jour-là. Mais Kurt ne voulait pas prendre de risques inconsidérés. Il avait fait venir des gerbilles d’expérimentation, plus pratiques que les souris par bien des aspects, et il avait décidé qu’elles seraient les premiers êtres vivants à descendre. On a tous approuvé, sauf Sven qui faisait un peu la gueule.

            Sans attendre plus longtemps, on a dressé une poulis au-dessus du cratère. On a mis quelques bestioles dans une petite cage en verre incassable et on les a fait descendre. D’après la plupart des expériences, il fallait environ quinze minutes à la majorité des ondes mortelles pour agir. On a donc attendu quinze minutes. Le filin d’acier qui retenait la cage ne bougeait pas d’un millimètre et aucun tension particulière ne paraissait s’exercer dessus. Une fois le délais écoulé on a remonté la cage. On ne s’attendait à rien de particulier. On a tous halluciné. Les gerbilles avaient disparu ! Il n’y en avait plus une seule !

            On n’en croyait pas nos yeux et Dorian a examiné la cage de fond en comble, mais pas moyen de retrouver la moindre trace. Il n’en restait même pas un poil ! Elles s’étaient purement et simplement volatilisées. Aucun de nous n’avait jamais vu ça et je crois que c’est à ce moment-là qu’on a commencé à flipper. Pourquoi est-ce qu’on n’a pas écouté l’instinct qui nous poussait à nous barrer sur-le-champ ? Les humains sont stupides. Mettez-les face au danger, bien en face, et ils continuent à faire comme si de rien n’était en prenant ça pour du courage. C’est rien d’autre que de la connerie.

            Quand Dorian en est arrivé à la conclusion que les gerbilles n’avaient pas laissé le moindre atome dans la cage, on a hésite un moment. Mais il nous restait encore des bestioles et on a fini par décider de faire d’autres tests. On en a redescendu, par paquets de cinq. A chaque fois on attendait un peu moins longtemps, dix minutes, cinq minutes, deux minutes, une minute, trente secondes… A chaque fois elles disparaissaient alors que la cage et le filin étaient parfaitement intacts. C’était à devenir fou.

Et puis on les a laissées cinq secondes. Quand on les a remontées, les pauvres bestioles n’avaient qu’à moitié disparu. La plupart n’avaient plus de poils, plus de peau, plus d’oreille, d’yeux ou de narines. Elles avaient crevé et il n’en restait qu’un amas de chair sanguinolent dont les vaisseaux sanguins paraissaient sur le point d’éclater. Ce soir-là autour du dîner, Sven a remercié Kurt de pas l’avoir laissé descendre.

            N’empêche, on ne savait pas quoi faire. Des phémonènes bizarres on en avait déjà affronté un paquet et la plupart du temps on avait réussi à gérer ça jusqu’à éradiquer les anomalies. Mais comment est-ce qu’on aurait pu éradiquer un truc qu’on n’arrivait pas à analyser ? Comment est-ce qu’on pouvait faire disparaître quelque chose alors qu’on ne savait même pas ce que c’était ? Je crois qu’aucun de nous n’a très bien dormi cette nuit-là. Je me suis retourné des dizaines de fois et j’avais l’impression de sentir encore les dents du piège à loup dans ma jambe. Le lendemain je me suis réveillé avec de la fièvre et l’impression que les choses ne pourraient pas être pires. Je me plantais.

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Published by Anaïs Cros - dans Textes
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commentaires

isabelle 14/04/2009 13:38

Bravo ! J'adore l'introduction des gerbilles "plus pratiques que les souris par bien des aspects" on sait pourquoi elles sont plus pratiques, hihihi !
Pour la suite : j'aimerai bien voir un autochtone (humain ou animal) venir donner un coup de main (action ou renseignements) à nos héros qui ont bien besoin d'aide...

Anntoria 10/04/2009 12:13

Ah j'adore la dernière phrase : "je me plantais". Là on en peut plus d'attendre la suite !
Vraiment excellent la facon d'introduire les gerbilles :-) ( j'avais deviné nananère !! )

Einsam 10/04/2009 01:24

De la peur, du suspense, encore, encore !!!!!
Mais avec des schtroumpfs dans le prochain épisode ^^ Yeah ! :D

Dharmakylune 03/04/2009 11:12

nous voilà BIEN EN FACE ! mais c'est pas des conneries nous poursuivrons et nous enfonçons avec exaltation, c'est dément, comment t'as réussi à introduire (et détruire !) les gerbilles c'est énorme, c'est ouf, c'est où la suite ????

Lothar 01/04/2009 19:59

Bien bien tout ça ! Tu rends bien le stress et la trouille du narrateur ! Vivement la suite ! Mais qu'y a t-il dans ce cratère ? ;o)
N'empêche, pauvre gerbilles ! huhu

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