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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 10:55
Bonjour !

Suite et fin de mon petit délire sur les araignées ! :o)
J'attends vos commentaires avec impatience !

Bonne journée !
@+



                                                                                              2


           Cette décision se fit d’autant plus urgente que Marie s’aperçut brusquement que les araignées étaient en train de converger vers elle, comme si elles obéissaient à quelque volonté de coordination. Sans plus réfléchir, la jeune femme quitta la pièce et courut vers la porte d’entrée, traversant le salon dans lequel la télé fonctionnait toujours, notant au passage que des araignées surgissaient de tous les coins de l’appartement. Pieds nus, la jeune femme se surprit à prier intensément de ne pas marcher sur une des créatures. Arrivée dans le couloir d’entrée, elle se paralysa, l’estomac soulevé par la répulsion.

            La porte qui permettait de quitter l’appartement disparaissait sous une masse sombre et grouillante. Des dizaines et des dizaines d’araignées recouvraient le panneau de bois, serrées les unes contre les autres, se marchant dessus, se bousculant, allant et venant, tricotant de leurs milliers de pattes. Le souffle coupé, la respiration entravée, des larmes de terreur et d’horreur envahissant ses yeux, Marie resta figée un long moment à regarder les créatures qui grouillaient, innommable vermine.

            Et brusquement quelque chose de lourd tomba sur son épaule. Marie tourna lentement la tête et réprima un gémissement d’horreur en découvrant une grosse araignée velue et menaçante qui s’agrippait à son négligé. Elle la rejeta aussitôt d’un violent revers de main et leva instinctivement la tête. Le plafond était dans le même état que la porte et une autre araignée descendait en rappel droit vers son visage, kamikaze inhumain. Une troisième s’apprêtait à suivre le même chemin. Marie poussa un cri de refus et se précipita hors du couloir dont les murs étaient peu à peu grignotés par la même masse noire et fourmillante.

            Elle referma la porte derrière elle, sanglotant d’horreur, parcourue de frissons convulsifs, envahie par une répulsion sans nom. Mais déjà des araignées commençaient à se faufiler sous la porte. Paniquée, Marie réfléchit rapidement à un endroit où se cacher en attendant que François rentre et mette un terme à ce cauchemar. Quel endroit de l’appartement était parfaitement hermétique ? Où serait-elle à l’abri de ces créatures qui pouvaient se glisser dans un simple trou de serrure ?

            Et soudain elle songea au grand placard de sa chambre. Avec un peu de chance, les araignées ne l’auraient pas encore colonisé et la fermeture se faisait avec un panneau de bois coulissant parfaitement hermétique. Revenant sur ses pas à toute vitesse, courant au milieu des araignées qui se promenaient désormais tranquillement dans l’appartement, elle jaillit dans la chambre, découvrit avec dégoût que son oreiller et celui de François disparaissaient sous les créatures et se jeta sur la porte du placard. Celui-ci était fermé et cela lui laissait l’espoir qu’il n’y avait pas d’araignées à l’intérieur. Cet espoir s’envola rapidement.

            Des araignées avaient commencé à tisser des toiles blanches dans ses vêtements, des nids dans les poches des chemises de François et dans ses nombreuses paires de chaussures. Il y en avait partout, des petites, des grandes, certaines qui avaient de longues pattes fines, d’autres courtes et épaisses, d’autres velues et noires, il y en avait de toutes sortes comme si son cauchemar s’était développé devant elle sous toutes les formes imaginables.

            Au bord de la crise de nerfs, Marie recula à toute vitesse. Elle sursauta comme son talon nu écrasait quelque chose, trébucha et s’étala de tout son long. Aussitôt des dizaines d’araignées convergèrent vers elle, commencèrent à s’agripper à ses vêtements, à sa peau, dans ses cheveux, grimpant sur elle, se faufilant sous le tissu qui la couvrait, prenant possession de son corps comme d’un territoire à conquérir.

            Submergée par la folie de l’horreur, Marie se mit à se débattre comme une furie, roulant sur elle-même, ses mains volant sur tout son corps pour essayer d’écarter les monstres envahissants, ne se rendant pas compte qu’elle les écrasait sous elle, que ses doigts tremblants et crispés arrachaient des morceaux de créatures. Elle ne sentait plus que le fourmillement des dizaines de pattes sur sa peau, sur son visage, dans ses cheveux, sur son intimité, et ces sensations la rendaient folle furieuse. Mais Marie avait beau se démener comme une démente, les araignées étaient de plus en plus nombreuses et la recouvraient inéluctablement.

            Après plusieurs minutes d’un combat intense et désespéré, Marie finit par s’immobiliser, épuisée, à bout, tétanisée, son esprit partant en lambeaux. Les araignées pesaient sur elle comme une masse compacte, incroyablement lourdes, la clouant au sol. L’âme de Marie se désagrégeait lentement dans l’horreur, ses yeux grands ouverts sur le plafond, quelques araignées risquant des pattes timides dans ses narines palpitantes, dans la cavité humide de sa bouche entrouverte, dans ses oreilles.

            Et soudain, du fin fond de sa folie horrifiée, Marie sentit que son calvaire n’était pas tout à fait terminé. Quelque chose approchait, quelque chose d’énorme et de terrifiant. Du coin de l’œil, elle vit une araignée de la taille d’un gros livre qui s’approchait d’elle, son corps énorme faisant ployer ses pattes fines. Des larmes d’horreur absolue roulèrent sur les joues de Marie, faisant glisser les araignées qui s’y trouvaient, et elle sentit Arachnée grimper péniblement sur sa poitrine, l’empêchant de respirer. Les mandibules de la grosse araignée claquèrent, elle mordit Marie à la gorge et la jeune femme sentit aussitôt qu’un changement se produisait en elle.

           

 

            François poussa la porte de l’appartement avec un profond soupir. Ce qui n’aurait dû être qu’un bref transport s’était transformé en une attente interminable à l’hôpital et il n’était pas mécontent d’en avoir enfin terminé. Il sourit en entendant la télévision dans le salon, content que Marie l’ait attendu. Il fut un peu surpris en constatant que la jeune femme n’était pas assise sur le canapé comme il le croyait. Il l’appela, mais n’eut pas de réponse. Imaginant qu’elle lui réservait peut-être une petite surprise, il prit la direction de la chambre. Mais là non plus, il n’y avait aucune trace de Marie en dehors d’un de ses négligés qui traînait par terre. François le ramassa en fronçant les sourcils et une petite araignée s’en échappa aussitôt. Sachant à quel point sa femme détestait les araignées, François écrasa d’un coup sec du talon la créature qui courait se cacher sous le lit. Il appela encore une fois Marie, de plus en plus inquiet, puis fit rapidement le tour de l’appartement, en vain. La jeune femme avait disparu.

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Published by Anaïs Cros - dans Textes
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commentaires

Dharmakylune 27/02/2009 10:50

oui bah j'en rajoute parce que l'histoire ne s'arrête pas là hein l'emprise que tu as ! hier soir j'ai eu le malheur de repenser à cette lecture traumatisante résultat j'ai du m'assurer qu'il n'y avait rien de suspect au plafond mais c'est pas tout j'ai été hantée par l'atroce araignée "de la taille d'un bouquin" aaaaaaaaaaaaaaaah j'ai failli pas pouvoir dormir BRAVO :-)

Dharmakylune 26/02/2009 15:57

aaah mais c'est abjecte ! c'est immonde ! j'ai dû vérifié que rien ne me tomberait dessus du plafond en lisant !! c'est ignoble, j'aurais tout fait pour fuir ou alors peut être je me serai réfugiée dans la douche en m'armant du jet d'eau !! je sais pas je suis désespérée ! je vois même pas comment on peut trouver la fin un temps soit peu "rigolote", dire qu'en plusss elle n'aura jamais admiré les oeuvres de Gaudi avec un chocolat chaud typique aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah c'est dégueu

Anaïs 04/02/2009 14:13

Effectivement ça pourrait donner un court-métrage d'horreur sympa. lol Ca demanderait juste pas mal d'effets spéciaux, ou alors un élevage d'araignées bien dressées. :mrgreen:
Merci de ton enthousiasme en tous cas ! :o))

Sarah 24/01/2009 17:08

A la base j'aime les araignées. Enfin y'a aimer ET aimer. Disons que par rapport à la moyenne, je supporte assez bien les bêbêtes aux pattes fourchus et que j'arrache quand elle m'embête. ( Tendance tueur d'araignées, moi ? Ok j'avoue.
je protège ma vie c'est pas rien )
Mais apres la lecture des deux textes ( je suis assez intelligente pour m'apercevoir qu'il y'en avait DEUX Hourra ! Champomy ! ) j'aime plus du tout ça. DU TOUT ! Sa me fiche la chair d'araignées !
mais le "truc" ( decidement je ne quitte pas se mot moi ) c'est que le texte est très bien servis sous forme d'écriture. Sa ferait un bon film de cinoch' ça ! ( d'horreur naturelement. Je vois mal l'histoire en film d'amour ;o) " La love-life des araignées " HAH ! ) Je continue mon avancée vers tes autres textes ! Youppi !

brisheart 19/01/2009 14:34

euuuu..... la suite elle est ou stp? c'est absolument horrible anais!!!

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