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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 07:52
Bonjour tout le monde !

Je suis de retour après un week-end de folie en région parisienne !
J'en profite pour remercier mes hôtes, même si je sais que certains d'entre eux ne liront probablement jamais ce message. :oP
Le festival ne s'est pas trop mal passé, j'ai vendu quelques bouquins, pris quelques contacts. Et puis, pour ma plus grande joie, j'en ai ramené une super crève. C'est dur la vie. ;o)

Mais sans plus attendre, la nouvelle dont je vous parlais la semaine dernière, une sombre histoire d'araignées. Âmes sensibles, détournez le regard. ;o)

Bonne journée !
@+



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- Mes sœurs ! hurla la voix rauque et étrange, silencieuse. Nous ne pouvons plus tolérer de tels agissements ! Nous ne sommes pas un peuple que l’on peut exterminer aussi facilement ! J’ai décidé que cette nuit nous ferions un exemple parmi les humains ! Cette nuit, nous allons nous venger !

            Un frisson parcourut la foule rassemblée au fond du sombre égout humide. Arachnée se redressa légèrement sur ses pattes arrières et ses yeux aux mille reflets parcoururent les centaines d’êtres rassemblés devant elle. Elle savait que tous la vénéraient et approuvaient sa décision. Cela faisait des années que la colère grondait parmi son peuple. Cette nuit d’automne pluvieuse était idéale pour une vengeance et elle savait déjà sur qui s’abattrait leur juste courroux. Elles qui ne demandaient rien au monde qu’un peu de nourriture et un abri, elles qui se montraient si utiles en régulant le nombre de certains insectes, elles dont les toiles marquaient le temps qui passait mieux que n’importe quelle horloge, elles en avaient assez d’être les victimes d’humains névrosés et impitoyables. Pour cette nuit au moins les proies allaient devenir chasseuses. Pour cette nuit au moins les humains auraient raison d’avoir peur d’elles.

            - Mes sœurs ! reprit Arachnée avec jubilation. Voici quel est mon plan !

 

 

            Marie jeta les bras autour du cou de François et l’embrassa tendrement. Il lui rendit d’abord son baiser avec douceur, puis la repoussa d’un air désolé.

            - Faut vraiment que j’y aille, ils m’attendent en bas. Tu m’attendras pour aller te coucher ?

            Son épouse acquiesça et le laissa partir à regret. Dur dur d’être mariée à un ambulancier. Une fois l’homme parti, Marie traversa l’appartement avec lenteur jusqu’à gagner les fenêtres qui donnaient sur la rue. Elle entrouvrit le rideau et se pencha, observant le trottoir. Au bout de quelques secondes François apparut. Il savait qu’elle se mettait toujours à la fenêtre pour le regarder partir et il se retourna le temps de lui faire un petit signe. Puis il rejoignit l’ambulance stationnée un peu plus loin. Aussitôt le véhicule démarra sur les chapeaux de roue et s’éloigna dans le hurlement de la sirène.

            Marie se détourna avec un soupir et se laissa tomber sur le canapé, attrapant la télécommande au passage, allumant la télé comme à regret. Elle ramena ses jambes sous elle et se plongea dans le spectacle abrutissant d’un film américain à succès, une histoire d’extraterrestres qui prenaient possession d’un vaisseau spatial et de ses occupants. Elle trouvait ça inepte et ça la faisait même sourire par moment, mais en même temps il n’y avait rien de mieux sur les autres chaînes.

            Au bout d’un moment elle commença à somnoler, songeant à François qui avait dû partir à l’improviste alors qu’elle avait espéré passer enfin une soirée tranquille avec lui, rêvant à leurs vacances qui approchaient, seul moment de l’année où son époux, passionné par son travail, consentait enfin à éteindre son téléphone. Ils devaient partir pour l’Espagne, pays que Marie rêvait de découvrir depuis longtemps. Elle s’imagina marchant dans Barcelone, main dans la main avec François, découvrant enfin en réalité ces œuvres de Gaudi qu’elle aimait tant, puis ils iraient jusqu’à la mer, ils mangeraient des crustacés, ils se baigneraient, ils feraient l’amour dans une petite crique impossible… Marie sursauta brusquement et se figea, le cœur battant.

            La petite forme noire qui avait commencé à traverser le tapis à toute vitesse s’immobilisa brusquement en se sentant repérée. Envahie par le dégoût et l’angoisse, Marie se recroquevilla légèrement sur elle-même. Elle réprima un petit cri lorsque l’araignée reprit soudain sa course et disparut sous le canapé. Aussitôt la jeune femme bondit sur ses pieds et courut jusqu’au couloir. Là elle récupéra une des grosses chaussures de François et revint lentement au salon en la brandissant comme s’il s’agissait d’une arme ou d’un talisman. Elle avait une véritable phobie des araignées, elle ne pouvait pas supporter l’idée de rester tranquille alors qu’il y en avait une dans la même pièce qu’elle. Il fallait faire quelque chose.

            Marie alluma toutes les lumières et tourna lentement autour du canapé, cherchant à repérer où se tapissait l’immonde créature. Comme elle passait un des angles du meuble, tendue, aux aguets, l’araignée tenta soudain une sortie, courant vers un coin de la pièce de toute la vitesse de ses multiples pattes. Marie fondit sur elle avec un cri vengeur et le corps de la créature explosa dans un bruit infime, couvert par le claquement de la chaussure sur le parquet.

            Marie se redressa avec un profond soupir de soulagement, essuya machinalement la sueur sur son front et grimaça de dégoût en découvrant la tâche qu’avaient laissée les fluides de l’araignée sur le sol et sur la chaussure de François. Secouant la tête pour elle-même avec agacement, elle gagna la cuisine, nettoya la chaussure, puis prit quatre ou cinq feuilles d’essuie-tout et les utilisa pour recueillir les restes de l’araignée qu’elle s’empressa de jeter à la poubelle. Elle se lava ensuite les mains et récupéra un yaourt dans le frigo pour se remonter le moral avant de retourner s’asseoir devant la télé, regrettant encore plus qu’avant l’absence de François. Habituellement c’était lui qui s’occupait de ce genre de détails gênant et un frisson de répugnance la parcourut encore comme elle se replongeait dans son film.

            La fiction dura assez tard, mais François n’était toujours pas de retour. Marie envisagea un instant de se coucher, puis se souvint qu’elle lui avait promis de l’attendre. Elle en éprouva une pointe de regret, puis s’en voulut aussitôt de cette pensée. Après tout le lendemain était son jour de congé, elle n’avait pas de raison d’être pressée d’aller au lit. Il lui vint soudain à l’esprit qu’elle pouvait au contraire profiter de cette attente pour se faire belle, prendre une douche et passer un déshabillé un peu plus aguichant que les vieilles fringues qu’elle mettait chez elle. Cette pensée la fit sourire et elle décida d’utiliser la longue plage publicitaire entre les deux films pour mettre à exécution son projet.

            Elle alla donc jusqu’à la chambre, fouilla un instant l’armoire jusqu’à trouver un négligé de soie que François lui avait offert quelques mois plus tôt et se dirigea avec vers la salle de bain. Elle décida de se soulager avant de se glisser sous la douche, mais lorsqu’elle souleva le couvercle des toilettes, elle découvrit une grosse araignée noire en train d’escalader péniblement la lisse paroi de faïence. Dans un réflexe fulgurant elle tira la chasse d’eau et la créature fut emportée dans un tourbillon jusqu’aux égouts.

            Le cœur battant, Marie déglutit et mit un instant à retrouver une respiration normale. Il lui fallut également quelques secondes pour se décider à s’asseoir sur les toilettes et elle se hâta de faire ses besoins. Elle ne put s’empêcher d’imaginer ce qui aurait pu se passer si elle n’avait pas vu l’araignée, la créature qui remontait dans son vagin et qui se mettait à la dévorer de l’intérieur. Parcourue de frissons, Marie s’obligea à penser à autre chose. De toute manière c’était absurde, jamais une araignée n’irait faire une chose pareille.

            - Les petites bêtes ne mangent pas les grosses, se dit-elle du ton réprobateur qu’on prend pour s’adresser à un enfant aux croyances irrationnelles. Et puis après tout, araignée du soir, espoir…

            Et deux araignées en une soirée, cela voulait-il dire encore plus d’espoir ? Peut-être était-ce un bon signe pour leurs futures vacances, songea Marie en se glissant sous l’eau brûlante de la douche, non sans avoir vérifié que la cabine était vide de toute créature vivante. La longue douche qu’elle prit la calma et elle était à nouveau parfaitement détendue lorsqu’elle passa plusieurs minutes à s’enduire de crèmes qui adoucissaient la peau et dégageaient une odeur des plus agréables. Elle savait que François aimait ces parfums. Elle déposa ensuite sur son corps la vapeur de son négligé à moitié transparent et quitta la salle de bain sans voir la petite araignée qui l’observait depuis un coin du plafond.

            Ragaillardie, un peu excitée à la perspective de la nuit qui l’attendrait lorsque François rentrerait, Marie regagna la cuisine et décida de préparer une petite collation aphrodisiaque à son homme. Mais comme elle ouvrait la porte d’un des placards, une araignée tomba soudain devant elle. La créature resta deux secondes immobile sur le plan de travail, aussi saisie que Marie, puis elle se mit à courir vers un abri, n’importe quel abri, en l’occurrence un des grands pots dans lequel la jeune femme rangeait les pâtes. Mais l’araignée avait à peine atteint le bord du pot que Marie utilisait ce dernier pour l’écraser.

            La jeune femme resta un instant figée par l’horreur, puis elle tituba jusqu’à une chaise et s’y laissa tomber. Trois araignées qui l’attaquaient en moins d’une heure, cela commençait à faire beaucoup. Marie voulait bien croire que l’automne était la saison où les araignées cherchaient à s’abriter à l’intérieur des maisons, mais une vague inquiétude commençait également à poindre en elle. Il y avait quelque chose d’anormal dans tout ça, quelque chose qui faisait naître en elle une horreur diffuse.

            La jeune femme frissonna plusieurs fois, puis songea qu’elle ne pouvait pas rester seule ainsi. Son voisin direct était étudiant, il n’était probablement pas encore couché, il se moquerait gentiment d’elle et de ses peurs, mais il ne l’enverrait pas bouler. Il resterait avec elle jusqu’au retour de François. Oui, c’était la meilleure chose à faire. Cependant elle ne pouvait décemment pas aller frapper à la porte d’à côté habillée comme ça. Même si elle ressentait un besoin de plus en plus urgent de quitter l’appartement, il fallait d’abord qu’elle se change sinon François lui ferait une crise de jalousie, araignées ou pas.

            Marie pénétra prudemment dans sa chambre et appuya tout aussi prudemment sur l’interrupteur. La lumière inonda la pièce, crue, envahissante. Marie balaya tout l’espace d’un long regard, mais ne vit aucune forme suspecte. Un peu rassurée, elle s’avança sur la pointe des pieds, vérifiant où elle marchait, et ouvrit une des grandes portes de l’armoire. Aussitôt elle bondit en arrière avec un cri mêlant surprise, incrédulité et horreur. Il y avait une araignée, une grosse araignée noire aux pattes velues, en plein milieu du panneau de bois. Et le pire, le pire était que Marie sentait nettement que la créature la regardait sans la moindre peur alors qu’elle-même tremblait de la tête aux pieds.

            Une boule dans la gorge, la jeune femme recula de plusieurs pas et se cogna dans le lit. Instinctivement elle se retourna et constata avec effroi que deux autres araignées se promenaient sur les couvertures. Marie fit un bond pour s’éloigner du meuble. Se faisant, son regard se posa sur sa coiffeuse. Une araignée s’était laissée glisser le long d’un fil jusqu’au centre du miroir et paraissait contempler son propre reflet tandis que deux autres créatures s’employaient à tisser des vastes toiles dans chaque coin de la glace.

            Marie porta son poing à sa bouche et le mordit pour ne pas hurler d’horreur. C’était impossible, elle devenait folle, une telle chose ne pouvait pas avoir lieu. Jamais elle n’avait entendu parler d’araignées qui envahissaient ainsi toute une maison ou tout un appartement, ça n’avait pas de sens. Elle se pinça, se frotta les yeux, mais rien n’y faisait, les araignées étaient toujours là. Un instant elle se demanda si ses voisins étaient en train de subir une épreuve similaire, puis haussa les épaules. Elle s’en fichait, tout ce qui comptait était qu’elle ne soit plus seule pour affronter ce cauchemar. Il fallait sortir d’ici tout de suite et tant pis pour sa tenue.

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Published by Anaïs Cros - dans Textes
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commentaires

Dharmakylune 26/02/2009 15:39

aaaaaaaaaaaaaaaaah AH et AAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah

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  • : Les Lunes de Sang
  • Les Lunes de Sang
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