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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 10:25
Bonne lecture et bonne journée ! :o)
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                                                                        16

           Nous émergeâmes à l’extérieur avec un intense soulagement, mais Crochet ne nous laissa pas le temps de souffler. Ralentissant à peine le rythme il nous entraîna à travers la forêt. Je ne tardai pas à laisser voir des signes d’épuisement et Outroupistache lui aussi commença à tituber. Crochet ne ralentit pas pour autant. Il réquisitionna le cheval du Prince et nous l’utilisâmes comme monture. Nous traversâmes la forêt presque deux fois plus vite qu’à notre arrivée, suivant le même chemin si bien que nous repassâmes dans la clairière où nous avions été attaqués pour la première fois. Les quatre cadavres disloqués s’y trouvaient encore. Nous allions les dépasser lorsque je sautai soudain à bas du cheval et me précipitai vers eux. Ils avaient encore leurs armes.

            Je saisis un des pistolets laser et l’examinai rapidement. Il n’y avait pas de gâchette, mais trois boutons sur la crosse. Espérant qu’aucun n’avait la fonction d’auto-destruction, je pointai l’arme sur un arbre et appuyai sur le premier bouton. J’entendis distinctement un petit vrombissement, mais il ne se passa rien. Nerveuse, sentant que mes compagnons s’impatientaient, j’essayai le second bouton. Le recul fut si puissant que je tombai en arrière, ne me relevant que pour voir l’arbre que j’avais visé partir en flammes. Je ramassai les trois autres armes et les tendis à mes compagnons, leur expliquant rapidement comment s’en servir. De toute évidence le premier bouton servait à régler la puissance du laser et le second à le déclencher. Quant au troisième il valait peut-être mieux ne pas le savoir.

            Mouche allait essayer l’arme à son tour, mais Crochet l’arrêta sèchement.

            - Vous aurez tout le temps d’essayer ça sur nos ennemis ! Ils nous ont sûrement déjà repérés avec l’incendie qu’elle a déclenché !

           Je fus choquée du ton hargneux qu’il avait employé pour parler de moi. Mais il y avait plus important pour le moment. Il avait sûrement raison et nous devions nous dépêcher. Je remontai sur le cheval du Prince, gardant le pistolet laser serré contre moi, et nous nous remîmes rapidement en route.

            Nous étions arrivés sur la plage lorsque nous fûmes rattrapés. Un rayon laser atteignit soudain le cheval au jarret et il rua violemment, nous envoyant, Outroupistache et moi, voler par-dessus son encolure. Je roulai sur le sable, à demi assommée, et réagis à peine lorsque le Prince me tira derrière un tronc d’arbre couché. Crochet et Mouche étaient embusqués à quelques pas de nous, semblant attendre que l’ennemi se découvre, les pistolets laser pointés vers la forêt. Ces armes paraissaient terriblement incongrues dans leurs mains et l’espace de quelques battement de cils j’eus l’impression qu’ils devenaient eux-mêmes des robots. Cette vision était si réelle que je retins un petit cri. Je me frottai énergiquement les yeux et regardai à nouveau. Ils étaient à nouveau deux pirates, mais à l’endroit où leurs corps touchaient les armes des robots je sentais que quelque chose essayait de s’insinuer en eux pour les changer définitivement. Il ne fallait pas qu’ils continuent à se servir de ces armes qui n’étaient pas de leur monde.

            Je me redressai pour les avertir et m’aperçus alors qu’Outroupistache gisait entre nous et la forêt, toujours inconscient après notre vol plané. Si les robots s’emparaient de lui, c’était la fin. Je déglutis. Que faire ? Mais je n’eus pas le loisir d’y réfléchir davantage.

            Nos poursuivants apparurent soudain, marchant en terrain découvert sans la moindre crainte. Visiblement il ne leur était pas venu à l’esprit que nous pourrions utiliser leurs propres armes contre eux. Ils étaient à nouveau cinq, ayant rameuté leurs compagnons. Plein d’assurance, ils se dirigeaient vers Outroupistache.

            Soudain Crochet attira notre attention d’un sifflement à peine perceptible. Il leva son pistolet vers nous, l’arma et nous fit signe de l’imiter. Puis il nous fit comprendre de tirer chacun sur le robot qui correspondait à notre position dans nos alignements respectifs. Enfin ses lèvres formèrent trois mots silencieux, mais impératifs : pas d’erreur. Son regard était fixé sur moi à cet instant et j’eus l’impression qu’il me brûlait tant il était impérieux. Je détournai la tête et me concentrai sur les robots.

            Crochet fut le premier à tirer, donnant le signal de l’attaque. Son coup fut extrêmement précis et la tête d’un des robots fut arrachée de son corps, s’envolant des mètres en arrière. Le Prince en atteignit un autre en plein visage, Mouche abattit le troisième d’un coup au milieu de la poitrine et mon tir arracha le bras armé du quatrième. Mais déjà le cinquième nous renvoyait nos coups et le quatrième qui tenait encore debout tentait de s’emparer d’Outroupistache avec son bras restant. Cependant j’avais déjà réarmé et mon tir suivant envoyant valser le monstre de métal loin du gnome. Crochet et Mouche abattirent le dernier d’un tir simultané.

            Le calme revint lentement sur la petite plage tandis qu’une odeur écoeurante de métal fondu et de plastique brûlé se répandait dans l’air. Nous quittâmes prudemment nos cachettes et vérifiâmes que les robots étaient bien hors d’état de nuire. Je pus alors constater que nous avions affaire à des créatures d’un rang encore supérieur aux précédentes puisque celles-ci valaient trois cent dollars. Cependant Outroupistache commençait à reprendre connaissance et regardait autour de lui d’un air ahuri. Le Prince lui expliqua brièvement la situation et le gnome nous remercia. Je ne fus pas mécontente de voir qu’il avait un peu perdu de son arrogance.

            Mais nous n’avions pas le temps de nous attarder davantage, il fallait quitter l’île et rejoindre rapidement le Jolly Roger. Me rendant soudain compte que mes compagnons comptaient emporter avec eux les armes des robots, je les arrêtai.

            - Vous ne devez pas faire ça ! insistai-je devant leur étonnement.

            - Mais enfin m’zelle, objecta Mouche, ces pistolets sont beaucoup plus efficaces que les nôtres ! S’ils nous attaquent on pourra se défendre !

           - Il a raison, approuva le Prince. Nous avons enfin un moyen de défense, nous ne pouvons pas y renoncer comme ça.

            - Nous n’avons plus besoin de nous défendre ! rétorquai-je. Vous avez dit vous-même qu’ils n’attaquaient pas le Jolly Roger ! Et une fois que nous aurons ramené Outroupistache dans mon monde, il remettra les choses en ordre et vous n’aurez plus besoin de ces armes !

            Mais ils ne paraissaient pas convaincus.

            - C’est qu’elles sont quand même rudement efficaces ces machines-là, marmonna Mouche pensivement. Vous imaginez ce qu’on pourrait faire avec contre Pan, Capitaine ?

            Crochet hocha la tête avec un sourire rêveur, caressant le pistolet laser du bout de son crochet.

            - Si vous gardez ces armes, fis-je, elles vous changeront et nous aurons fait tout ça pour rien ! Vous ne vous rendez pas compte, mais elles ont un pouvoir ! Elles vont faire de vous des robots ! Vous n’en avez pas besoin ! Pourquoi vouloir garder quelque chose qui ne vous servirait à rien ? A quoi bon posséder toujours plus ? Vous serez plus puissants, certes, mais à quoi bon ? Vous vaincrez Peter Pan plus facilement, peut-être, mais est-ce que ce sera une victoire en bonne et dûe forme ? Vous devez affronter Pan avec ses propres armes pour que votre victoire en soit vraiment une !

            Crochet leva son regard glacé vers moi, l’air indéchiffrable. Je m’attendais à ce qu’il me remette en place d’une de ses réflexions cassantes, mais à ma grande stupéfaction il finit par acquiescer.

            - Vous avez raison, dit-il. De toute façon je n’aime pas ces armes.

            Et il laissa tomber le pistolet dans le sable, invitant Mouche à en faire autant d’un regard impérieux. Le pirate n’osa protester, mais s’éxécuta avec un grognement de déception. Quant au Prince il réfléchit encore un moment, grimaça un sourire, puis jeta son arme visiblement à contrecoeur. Je retins un soupir de soulagement et m’aperçus qu’Outroupistache me souriait avec bienveillance, apparemment content de moi.

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Published by Anaïs Cros - dans Textes
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commentaires

Dharmakylune 25/02/2009 11:47

content content content ! (mais yaurait pas une scène coupée où quelqu'un appuie sur le troisième bouton..?;-)

Anntoria 24/09/2008 22:11

Next pleaaaaase !!

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  • Les Lunes de Sang
  • : Je suis auteur et le but de ce blog est de communiquer avec mes lecteurs, autour de ma série de fantasy Les Lunes de Sang et de mon roman fantastique La Mer des Songes, mais aussi de futures publications éventuelles, de manifestations auxquelles j'aurais l'occasion de participer, etc. Pour en savoir plus sur mes romans, n'hésitez pas à cliquer sur les catégories qui portent leur nom. Et pour me contacter, laissez un commentaire. Je reviendrai vers vous dès que possible. Merci de votre visite !
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