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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 13:08

Bonne lecture et bonne fin de journée !
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                                                                                                  13

           Nous suivîmes le chemin un bon quart d’heure, guettant nerveusement le moindre mouvement alentours. Mais nous ne fûmes plus attaqués et nous arrivâmes bientôt au pied du volcan, devant l’entrée d’un boyau sombre. Le cheval du Prince piaffa nerveusement et nous mîmes pied à terre, regardant autour de nous avec méfiance. Nous allions nous engager dans le boyau souterrain lorsque le Prince m’arrêta, saisissant mon bras. Je me tournai aussitôt vers lui, inquiète, pensant qu’il avait vu quelque chose. Mais il ne cherchait pas à m’alerter.

            Il se rapprocha lentement de moi et glissa un bras autour de ma taille, me souriant d’une manière à laquelle il était extrêmement difficile de résister.

            - Ne vous inquiétez pas, souffla-t-il. Tout va très bien se passer…

            J’eus tout juste le temps de vaguement me demander à quoi il faisait réellement allusion. Déjà ses lèvres pressaient les miennes d’une façon experte tandis que ses mains parcouraient mon dos. Ses gestes étaient si doux que je ne pus m’empêcher de lui rendre son baiser avec une certaine ferveur. Il m’enlaça et m’atira contre lui. Je n’avais jamais embrassé un homme aussi beau et je dois dire que j’éprouvai un certain orgueil d’avoir attiré son attention. Mais la seconde d’après l’image d’un réfectoire rempli de princesses s’imposa à moi et je le repoussai brusquement.

            Il parut totalement stupéfait. De toute évidence il n’avait guère l’habitude qu’on lui résiste. Malheureusement pour lui cela ne fit qu’ajouter à ma mauvaise impression. J’eus un sourire gêné.

            - Je suis désolée, fis-je avec circonspection, mais ce n’est pas la peine…

            Son expression refléta une profonde incompréhension.

            - Pas la peine ? répéta-t-il. Mais vous êtes une femme et je suis le Prince Charmant…

            Je ne pus retenir un petit rire.

            - C’est vrai, répondis-je. Je suis une femme, vous êtes le Prince Charmant. Seulement je n’ai jamais aimé les princes charmants dans les histoires, alors je ne vais pas commencer maintenant, je suis désolée.

            Il eut un mouvement de recul, comme si je l’avais frappé. Il paraissait complètement déboussolé, désorienté, à tel point que j’eus soudain envie de le prendre dans mes bras pour le rassurer. Mais je réfrénai ce désir. A quoi bon lui donner de faux espoirs ? Il était sans aucun doute charmant et très attirant, tout en lui donnait envie d’aimer, mais c’était précisément cela qui me gênait. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Je ne voulais pas d’un être dont la seule raison de vivre était précisément de séduire, d’aimer et d’être aimé. Cela marchait peut-être pour les petites filles, mais je n’en étais plus une et pour une fois cela me semblait un état de fait plutôt positif. A un homme qui vivait pour aimer, je préférais nettement un homme qu’il fallait convertir à l’amour et qui ensuite n’aimerait que moi.

            Je cherchais comment expliquer cela au Prince sans le blesser lorsqu’une nouvelle alerte mit enfin un terme à cette pénible situation. Des oiseaux s’envolèrent soudain dans la forêt et des branches craquèrent non loin. Le Prince se resaisit aussitôt et m’entraîna vers l’entrée de la galerie souterraine où son cheval nous avait précédés. Nous nous embusquâmes derrière quelques rochers et observâmes le sentier, nos armes à la main.

            Les bruits se rapprochaient de plus en plus et je sentais la sueur dégouliner dans mon dos tandis que je serrai les dents malgré moi. Si ces maudits robots revenaient à la charge j’étais prête à leur faire payer la mort de Mouche et du Capitaine Crochet. Crispée, j’abaissai lentement le chien de mon pistolet et me tins prête. Les arrivants allaient émerger de la forêt d’une seconde à l’autre. Je visai la direction où ils allaient vraisemblablement apparaître. Mon doigt était lové autour de la détente, prêt à tirer.

            J’étais tellement concentrée que je faillis tirer sur Mouche lorsqu’il sortit soudain du couvert des arbres. Dieu merci je parvins à retenir mon doigt. Je repoussai aussitôt le cran de mon arme et me précipitai au devant du pirate, le Prince sur les talons. Mouche se tenait le côté gauche, les traits crispés par la douleur, mais il marchait fermement et tenait son pistolet dans sa main droite tout aussi fermement. Il nous salua d’un petit hochement de tête. Mon cœur faillit s’arrêter de battre en constatant qu’il était seul.

            - Où est Crochet ? demanda aussitôt le Prince.

            Mouche n’eut pas le temps de répondre.

            - Inutile de vous réjouir, lança soudain la voix glacée caractéristique, vous n’êtes pas encore débarassés de moi.

            Je poussai un soupir de soulagement. Crochet sortit à son tour de la forêt, son bras mutilé pendant le long de son corps, mais parfaitement alerte. Je notai malgré moi qu’une des griffes de son crochet était tordue et à moitié fondue et qu’une longue brûlure était visible sur son bras à travers la déchirure de sa chemise aux bords roussis. Mais il ne semblait pas s’en soucier.

            - Vous devriez déjà être à l’intérieur ! fit-il froidement, ses yeux bleus nous dévisageant avec hauteur. Attendez-vous donc qu’ils vous trouvent ?

            Le Prince ouvrait déjà la bouche, les sourcils froncés, mais je fus plus rapide que lui.

            - Non, répliquai-je, c’est vous que nous attendions. Nous étions inquiets.

            Une expression surprise traversa ses traits, aussitôt remplacée par un sourire sarcastique.

            - Inquiets ? répéta-t-il. Quel joli mensonge. Allons, ne tardons pas davantage. Dès qu’ils trouveront leurs congénères ils se lanceront à notre recherche et nous aurons intérêt à avoir déguerpi.

            Sur ce, il nous passa devant et se dirigea vers l’entrée du couloir souterrain. Il marqua une pause devant Mouche, le sourcil interrogateur.

            - Ca ira, Capitaine, lui assura le pirate. J’en ai vu d’autres !

            Crochet hocha la tête et reprit son chemin, nous invitant à le suivre d’un geste à peine perceptible. J’évitai le regard du Prince, l’entendis soupirer, puis nous emboîtâmes le pas aux deux pirates.

 

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Published by Anaïs Cros - dans Textes
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commentaires

Dharmakylune 23/09/2008 15:25

foudroyant tel le baiser !!! ;-)

Anntoria 20/09/2008 09:05

Ah ah le Prince Charmant ne savait pas à qui il avait à faire ! Surtout si Crochet revient encore plus mutilé mmmmh... ;-)

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