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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 07:36
Bonne lecture et bonne journée !
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                                                                                                   12

            Les robots émergèrent lentement d’entre les arbres. Le chef, presque aussi grand qu’un homme, ressemblait vaguement à un des soldats de l’Empire dans Star Wars, à cette différence près qu’il était entièrement fait de métal et de plastique. Il était dépourvu d’arme, mais ses mains semblaient capables de broyer un cou aussi facilement qu’un fétus de paille. Les trois autres nous arrivaient à peu près à la hanche et me rappelaient davantage quelque chose comme des pokémons. Le plus curieux était que tous les quatre portaient autour du « cou » des étiquettes. Apparemment le plus grand coûtait cent cinquante dollars et les trois autres seulement trente. Je haussai les sourcils. Leur présence sur cette île était encore plus absurde, incongrue et malvenue que la mienne. Ils ne cadraient pas dans le paysage.

            Le cent-cinquante-dollars fit un pas en avant.

            - Vous êtes sur un territoire interdit, fit-il d’une voix métallique et nasillarde qui semblait sortir de sa poitrine. Rendez-vous sans résistance.

            Crochet échangea un regard avec le Prince et celui-ci acquiesça lentement. Le pirate vint nonchalamment se placer devant nous, les robots suivant ses mouvements avec des gestes mécaniques.

            - Rendez-vous sans résistance, répéta le cent-cinquante-dollars avec une intonation parfaitement identique à la première.

            Crochet lui sourit.

            - Vous rêvez, mon vieux, répondit-il de son ton le plus aimable. Ah non, c’est vrai, vous ne pouvez pas rêver…

            Et sur ces mots, il leva son pistolet et tira. La tête du robot explosa et il s’effondra en avant sans un son. Déjà les trois autres brandissaient de petits canons. Mais je n’eus pas le temps d’en voir davantage. Le Prince me saisit brusquement par la taille et me jeta littéralement sur le dos de son cheval, avant de grimper derrière moi. L’animal partit au galop entre les arbres, laissant le terrain du combat derrière nous. J’entendis un tir qui n’était pas celui d’un pistolet à balles, puis un cri de douleur, des chocs métalliques, et ce fut tout.

            J’étais sonnée, incapable de réagir, et les arbres défilaient autour de nous à une vitesse phénoménale. Le Prince était presque couché sur moi, m’appuyant sur l’encolure du cheval, mais cela ne suffisait pas à m’éviter d’être giflée par les branches les plus basses. Agile, rapide comme le vent, la monture du Prince se jouait de tous les obstacles, nous emportant loin du danger. Elle finit par s’engager sur un petit sentier qui menait vers le volcan.

            Maintenant que la voie était dégagée, le Prince se redressa et je pus enfin respirer. Je me rendis également compte de ce qui venait de se passer et hurlai au Prince d’arrêter son cheval. Il m’obéit et je sautai à terre pour le regarder dans les yeux.

            - Il faut faire demi-tour tout de suite ! m’exclamai-je d’une voix tremblante. Il n’est pas question que nous les abandonnions comme ça !

            Le Prince secoua la tête.

            - Je suis désolé, mais il n’est pas question non plus que nous retournions en arrière. Crochet savait très bien ce qu’il faisait lorsqu’il a pris sa décision. Votre vie est trop importante. Nous ne pouvons pas prendre le risque de faire demi-tour. Venez, nous devons gagner le volcan.

            Il me tendit la main, mais je ne bougeai pas.

            - Crochet et Mouche nous rejoindront sûrement là-bas, ajouta-t-il. Allons, je vous en prie.

            Je soupirai, hésitante. Mais le Prince devait avoir raison. Crochet devait savoir ce qu’il faisait, car je l’imaginais assez mal se sacrifiant héroïquement pour tous ces êtres qu’il méprisait. Ils allaient nous rejoindre. Il fallait qu’ils nous rejoignent. J’acceptai la main que me tendait le Prince et il me hissa derrière lui. Le cheval repartit au petit trot. Je ne pus m’empêcher de regarder encore une fois en arrière, mais il n’y avait personne sur le petit sentier.

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Published by Anaïs Cros - dans Textes
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commentaires

Dharmakylune 23/09/2008 15:19

que d'amabilités !!! ;-)

Anaïs 19/09/2008 14:09

Moi j'aime pas les polygones. :mrgreen:
Oui, j'ai cité les pokemons, parce que c'est vraiment un truc que je déteste. ;o)

Anntoria 19/09/2008 10:32

Mon Dieu tu as cité les Pokémons !!
C'est vraiment qu'ils doivent être pathétiques ces robots...

Et pendant ce temps-là au Polygone...

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