Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 09:17

Bonjour à tous !

Demain, jour de repos, il n'y aura pas de post, je le crains.
Alors profitez bien de celui-là en attendant lundi ! ;o)

Bon week-end à tous !
@+


                                                                                                    8


            L’expression de Crochet ne laissait rien voir de ce qui s’était passé, mais je n’étais de loin pas aussi douée que lui pour dissimuler mes émotions et le Prince remarqua aussitôt que quelque chose n’allait pas. Il me rejoignit d’un air préoccupé et baisa gentiment ma main.

            - Il y a un problème ? demanda-t-il avec sollicitude.

            Je tournai les yeux vers Crochet. Son regard froid se planta dans le mien quelques secondes, puis se détourna avec indifférence. Je pris une profonde inspiration et m’obligeai à sourire au Prince.

            - Le Capitaine Crochet m’a expliqué la situation, fis-je. Cela m’a… bouleversée…

            Le Prince eut un sourire indulgent qui m’exaspéra malgré moi.

            - Je comprends, admit-il, il y a largement de quoi être bouleversé. Êtes-vous donc prête à nous aider ? ajouta-t-il avec espoir. 

            - Bien sûr, acquiesçai-je vivement. Mais je n’ai pas compris quel serait exactement mon rôle…

            Le Prince grimaça.

            - C’est que nous l’ignorons nous-même, répondit-il dans un soupir. Outroupistache a dit que nous devions vous amener à lui, mais il n’a rien expliqué de plus.

            Je hochai la tête, envahie par une certaine inquiétude. Que pouvait bien me vouloir cet Outroupistache ? Qu’est-ce qu’il comptait faire de moi ? Il m’apparut soudain que je risquais peut-être plus qu’une simple rencontre avec un être étrange dans cette histoire. Et à bien y réfléchir, je n’avais aucune envie de me sacrifier pour sauver des Pays Imaginaires si cela devait s’avérer nécessaire. Mourir dans cet étrange rêve aurait été totalement absurde. En même temps l’espèce de pouvoir que je semblais avoir sur Crochet fonctionnait peut-être aussi sur les autres habitants des Pays Imaginaires, ce qui était plutôt rassurant au vu de l’arme que cela pouvait constituer. Mais comment en être sûre ? Mon regard glissa sur le dos du Prince qui farfouillait dans les armes de Crochet, puis rencontra celui du pirate. Je rougis brusquement. Un sourire amusé glissa sur les lèvres minces de l’ennemi de Peter Pan et j’eus l’impression qu’il avait lu dans mes pensées. Je me détournai aussitôt de ses yeux trop perçants. Le Prince revenait vers moi avec une courte épée et deux pistolets.

            - Je crains que cela ne puisse vous servir une fois sur l’île, dit-il en me tendant les armes.

            Je le regardai avec incrédulité, mais il était sérieux et je dus prendre les armes. M’imaginer en train de me battre à l’épée me paraissait aussi incongru que de voir la reine d’Angleterre habillée avec goût, mais cela avait aussi un côté terriblement excitant. Comme la reine d’Angleterre habillée avec goût… ? Je songeai que je commençais à être contaminée par l’absurdité du Pays Imaginaire et me détournai de ces idées stupides.

            - Vous ne comptez tout de même pas partir tout de suite ? lança brusquement Crochet au Prince.

            Ce dernier le toisa avec un mépris qui alluma une flamme de rage dans les yeux du pirate.

            - Pourquoi perdre du temps ? répliqua sèchement l’éternel fiancé. Nous n’en avons guère.

            - Elle va se faire tuer, rétorqua le pirate froidement.

            - Nous serons là pour la protéger.

            - Il serait peut-être utile d’au moins lui apprendre à recharger ses pistolets.

            - Si nous nous débrouillons correctement, elle n’aura même pas à s’en servir.

            - Et si nous nous faisons surprendre ?

            - Nous ne nous ferons pas surprendre.

            - Prince, vous êtes un présomptueux.

            - Crochet, vous êtes un lâche.

            Le pirate était déjà debout. Je m’interposai aussitôt entre les deux hommes.

            - Messieurs, par pitié ! m’exclamai-je.

            Je les regardai l’un après l’autre. Le Prince m’adressa un sourire rassurant avant d’envoyer un regard de pure haine à Crochet.

            - M’allier avec vous est la plus mauvaise décision que j’ai jamais prise, reprit le Prince. J’aurais mieux fait de vous tuer dès que je suis arrivé ici.

            Crochet eut un sourire menaçant.

            - Il n’est pas trop tard pour essayer, répliqua-t-il avec un signe engageant de son crochet.

            Le Prince porta la main à son épée.

            - Stoooop ! criai-je.

            Je les repoussai loin l’un de l’autre.

            - Je vous interdis de vous entretuer devant moi ! m’écriai-je.

            Je soupirai.

            - Prince, je suis désolée, mais je suis d’accord avec le Capitaine Crochet. Je ne bougerai pas d’ici avant d’être capable de me défendre un minimum.

            Crochet eut un petit sourire de triomphe et retourna tranquillement s’asseoir sur son fauteuil, retrouvant son fume-cigare, le rallumant pour la troisième fois, offrant au Prince un regard provocant. Ce dernier me dévisageait avec surprise.

            - Mais mademoiselle, voulut-il protester, ce bandit raconte n’importe quoi. Il cherche simplement à vous faire peur. Vous n’avez rien à craindre si je suis avec vous. Vous devez pourtant savoir à quel point la situation est catastrophique et exige le plus urgent des remèdes !

            - Je sais oui, répondis-je fermement. Mais si je meurs, vous ne serez pas plus avancés et moi encore moins. Je veux au moins apprendre à tenir cette épée correctement. Je crois que vous pouvez comprendre cela.

            Le Prince s’inclina.

            - Bien sûr. Je comprends et je respecte votre décision. Eh bien… Je vous laisse prendre une leçon avec ce bandit, je vais voir comment vont mes fiancées en attendant que vous soyez prête.

            Je devinai une vague tentative de me culpabiliser dans ces derniers mots, mais je l’ignorai et lui adressai un large sourire comme il sortait. Ce sourire s’évanouit dès qu’il eut disparu. Je me tournai aussitôt vers Crochet.

            - Je risque vraiment de me faire tuer sur l’île ? demandai-je avec inquiétude.

            Il ricana.

            - Bien sûr, ma chère ! Que pensiez-vous donc ? On peut mourir au Pays Imaginaire. Certains jeux sont terriblement réels.

            Je me laissai tomber sur une chaise, brusquement abattue. Jusque là tout cela ne m’avait effectivement semblé n’être qu’un jeu, une sorte de délire auquel je m’étais laissée prendre et qui ne porterait pas réellement à conséquence. Envisager ce qu’Outroupistache voulait de moi avait fait partie du jeu, ce n’était que maintenant que je commençais vraiment à prendre conscience que ce monde était aussi tangible que celui d’où je venais et que je pouvais aussi y disparaître. Cette idée me terrorisait.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Anaïs Cros - dans Textes
commenter cet article

commentaires

Dharmakylune 17/09/2008 16:30

contre la terreur : la reine d'angleterre
palpitants les jeux terriblements réels!
et pourquoi qu'on peut pas lire le week end :-P

Anaïs 13/09/2008 11:25

Merci !
J'ai hésité à le laisser. Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à rire de mon humour stupide. ;o)
Venant de l'ex-femme de Zarbouf, c'est un compliment d'autant plus grand. ;o)

Anntoria 13/09/2008 11:03

"la reine d'Angleterre habillée avec goût" MDRRR
J'aime beaucoup les petites touches d'humour au fil du texte :-)
Vivement lundi pour la suite !

Présentation

  • : Les Lunes de Sang
  • Les Lunes de Sang
  • : Je suis auteur et le but de ce blog est de communiquer avec mes lecteurs, autour de ma série de fantasy Les Lunes de Sang et de mon roman fantastique La Mer des Songes, mais aussi de futures publications éventuelles, de manifestations auxquelles j'aurais l'occasion de participer, etc. Pour en savoir plus sur mes romans, n'hésitez pas à cliquer sur les catégories qui portent leur nom. Et pour me contacter, laissez un commentaire. Je reviendrai vers vous dès que possible. Merci de votre visite !
  • Contact

Mes romans

les lunes de sang MB 01

 

lokomodo La Lune Noire

 

Lune de sang3 lokomodo 2012b

 

Lokomodo crepuscules 2013

 

Mer des Songes couv-blog