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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 12:48
Bonjour à tous !

Hey ! Ceci constitue mon centième post sur ce blog !
Joyeux anniversaire à lui ! ;o)

Bonne lecture et bon après-midi !
@+



                                                                                              6

                - Le temps s’écoule différemment au Pays Imaginaire et dans votre monde, je vous conseille de retenir cela si vous ne voulez pas trouver certains enchaînements d’évènements un peu bizarres. Bien… Tout a donc commencé il y a quelques aventures. Pan croyait s’être débarrassé de moi et après avoir raccompagné Wendy et ses frères chez eux, il est revenu ici en ayant quasiment déjà oublié mon existence. Le temps de me remettre de quelques blessures et de réunir mon équipage et je me suis rappelé à son bon souvenir. Dès notre premier affrontement, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose d’étrange chez lui. Il avait perdu de sa vivacité, de sa joie de vivre, de son insolence. Je n’y ai pas réellement pris garde et la bataille s’est terminée malgré nous lorsque les Indiens s’en sont mêlés. Quelque temps plus tard, alors que mes hommes et moi explorions l’île à la recherche de la cachette de Pan, nous avons trouvé un cimetière de fées. Savez-vous à quoi ressemble un cimetière de fées ? C’est réellement quelque chose d’étonnant. Lorsqu’elles meurent, les fées se figent et deviennent des sortes de petites statuettes argentées aux ailes encore déployées. Au cœur de la forêt, leurs congénères ont rassemblés tous les petits corps et les ont disposé dans une sorte de jardin à leur échelle, avec de petits bancs, des tables, des parasols et tout un tas d’autres accessoires absurdes et exquis. Une sorte de musée de fées en plein air… Mais ce qui était particulièrement frappant cette fois fut le nombre de petites statuettes d’argent. Il y en avait des dizaines et des dizaines, comme si leur population avait été décimée par une épidémie. J’y ai même vu Clochette, la fée pour laquelle Pan s’était pris d’amitié. A en juger par les ornements auxquels elle avait eu droit, c’était lui-même qui l’avait mise là. J’ai essayé de lui en parler depuis, mais évidemment il ne s’en souvient pas. Cependant cette découverte n’était pas la seule qui nous attendait. Ainsi, après quelques jours d’exploration, nous avons constaté que de nouvelles créatures semblaient être venues se réfugier au Pays Imaginaire, des créatures dont nous n’avions jamais entendu parler. Elles nous fuyaient, paraissaient malades et apeurées. Nous avons fini par capturer l’une d’elles, un nain du nom de Simplet. Il portait bien son nom et tout ce que nous avons réussi à tirer de lui c’est qu’il avait dû fuir sa maison. Il était si pathétique que je n’ai même pas eu le courage de le tuer. Mais ainsi, petit à petit, au fil des semaines et des aventures, il y a eu de plus en plus de ces étrangers, ils grouillaient dans l’île, se réunissant même dans certains endroits pour se défendre contre nous. Parallèlement Pan semblait de plus en plus faible, de plus en plus malade, jusqu’au jour où il s’est évanoui en plein milieu d’un combat. J’aurais peut-être dû en profiter pour l’achever, mais il me semblait que ce n’aurait pas été une victoire en bonne et dûe forme et tous ces changements commençaient à m’inquiéter. A son réveil Pan était ficelé au mât du Jolly Roger et nous avons pris le temps d’une petite conversation. Nous avons eu quelques petites difficultés à… comment dirais-je… mettre en place une discussion qui ne se limite pas à des menaces réciproques, mais nous avons fini par comprendre que pour la première fois nous avions un intérêt commun. Pan avait pu parler avec beaucoup des nouveaux arrivants et, reliant ça à son propre état, il en était arrivé à la conclusion que quelque chose de très mauvais était en train d’arriver à tous les Pays Imaginaires, et au nôtre en particulier. Il semblait que nous étions un des derniers bastions à n’être pas tombé, mais cela n’a guère duré. Alors que nous en étions encore à essayer de comprendre la situation, l’île a été attaquée par des êtres incroyables, totalement en métal, avec des pistolets tirant des sortes de rayons qui brûlaient comme mille soleils, capables de voler sans pourtant avoir l’air d’avoir une âme. Il y en avait de différentes sortes et de différentes tailles. Après quelques heures de bataille acharnée durant lesquelles Pan et moi avons dû conclure une alliance précipitée avec également les Indiens, nous pensions avoir enfin vaincu. C’est à ce moment-là que sont apparus les plus gros de ces monstres et alors nous n’avons plus eu d’autre choix que fuir. Pan a fait embarquer sur le navire toutes les créatures qui avaient survécu et nous avons fait voile vers le large. Pour peu de temps hélas. Vous n’êtes pas sans l’ignorer, Pan et le Pays Imaginaire sont intrinséquement liés. Dès qu’il s’en éloigne, c’est la nuit et le froid qui s’installent. Cette fois le froid nous a rattrapé, gelant la mer tout autour de nous, nous empêchant d’avancer. Autre preuve du déréglèment des lieux : malgré le gel nous mourrons de chaud depuis des jours. C’est à n’y rien comprendre ! En outre, à peine avions-nous quitté l’île que Pan a été pris d’une fièvre extrêmement brutale. Depuis l’invasion des monstres de métal il n’arrivait plus à voler. Délirant, il s’est mis en tête de sauter du mât une première fois. J’ai dû le faire descendre par la force et cela n’avait rien d’une partie de plaisir, croyez-moi. Je l’aurais bien étriper, mais il était alors déjà clair qu’il était la seule chose qui empêchait encore le Pays Imaginaire de disparaître totalement, et tant que nous sommes coincés ici nous avons besoin que le Pays Imaginaire reste consistant ou nous disparaîtrons avec lui. Suite à cet incident le dérèglement s’est encore accentué, la chaleur a augmenté et il s’est mis à neiger par intermittence. Le soleil a également disparu, de même que la Lune et la nuit. Cela fait un nombre incalculable d’heures qu’il fait jour pour des raisons qui m’échappent totalement. J’ignore également pourquoi les monstres de métal ne nous ont pas poursuivis jusqu’ici. Je me demande s’ils n’attendent pas que nous les conduisions à un autre Pays Imaginaire en cherchant à nous y réfugier. Ce qui est sûr c’est que ce sont les autres créatures qui les ont conduits ici en fuyant leurs propres pays. Enfin… nous en étions là de la situation, pansant nos plaies, ne sachant trop que faire, lorsque le Prince est arrivé, sur son stupide cheval blanc.

 

            Crochet s’interrompit un instant, me lança un bref regard comme pour s’assurer que je l’écoutais bien. Cependant j’étais véritablement suspendue à ses lèvres et cela parut lui convenir. Il avala une gorgée de vin et reprit la parole.

 

            - Le Prince n’était pas seul lorsqu’il nous a rejoint, il était accompagné d’une jeune femme à la pâleur cadavérique, Blanche-Neige, je crois, et d’une vieille marâtre. Cette dernière était une sorcière, la belle-mère de la jeune femme, et elle avait avec elle une sorte de miroir magique qui semblait posséder de grands pouvoirs. Elle connaissait déjà certains de nos passagers, car nous avons quasiment dû nous battre contre quelques nains pour les empêcher de la tuer. Le Prince a fini par les raisonner et la vieille a pu nous expliquer ce qu’elle avait vu dans son miroir avant de devoir quitter précipitamment son pays avec l’aide du Prince. Peut-être est-il utile que vous sachiez que ce dernier n’a aucune peine à voyager d’un Pays Imaginaire à l’autre puisqu’il existe dans presque chacun d’eux. Il n’y a guère qu’ici qu’il n’était pas chez lui. Je vous avoue que j’ai éprouvé une certaine satisfaction en voyant comment Pan l’accueillait ! Ce jeune coq s’imaginait sans doute qu’il était le prince du Pays Imaginaire et malgré son état il n’a guère apprécié l’intrusion d’un rival. Je ne me souviens pas de l’avoir jamais connu aussi insolent. Un vrai plaisir. Mais tout ceci est secondaire. La vieille sorcière que le Prince avait ramenée en même temps qu’une de ses nombreuses fiancées nous a dit que d’après son miroir les enfants commençaient à cesser de croire en nous, ce qui expliquait la disparition des Pays Imaginaires, et que les créatures qui nous avaient attaqués étaient les nouveaux maîtres des royaumes imaginaires.

            Le pirate émit un reniflement méprisant.

            - Les nouveaux maîtres ! Ces créatures sont toutes identiques les unes aux autres, stupides et mécaniques, dépourvues d’âme et d’élégance ! Misérables ! Mais puissantes… trop puissantes… Nombreuses, envahissantes, comme une nuée d’insectes. Une guêpe, vous la chassez d’un revers de main. Un essaim, vous le fuyez aussi vite que vous pouvez. Naturellement cette nouvelle était plutôt consternante. Si les enfants cessent de croire en nous, nous perdons rapidement nos forces et nous disparaissons. C’est déjà arrivé à nombre d’entre nous depuis quelque temps.

            Il me lança un sourire de cruelle satisfaction.

            - Ne trouvez-vous pas cela délicieusement ironique que Pan soit en train d’agoniser pendant que je suis encore en pleine forme ? On dirait bien que les enfants ne croient pas toujours aux meilleurs d’entre nous… Le Prince, mes pirates, moi, quelques sorcières, quelques lutins et quelques Indiens… Nous sommes les seuls à être encore en état d’essayer de nous défendre. Plutôt dérisoire face à une armée d’êtres de métal quasiment indestructibles avec les armes que nous possédons. Nous avons interrogé le miroir de la vieille, mais il ne connaissait pas la solution à notre problème et il a fini par s’éteindre à son tour, étant apparemment un élément trop irrationnnel pour survivre longtemps. Une autre sorcière que le Prince connaissait également, une autre vieille dont l’occupation favorite semblait être d’enduire les fuseaux de poison pour plonger les princesses dans des sommeils de cent ans, nous annonça alors qu’elle avait fabriqué un élixir magique et que dans ses rêves une voix lui avait parlé, lui annonçant que la solution à notre problème se trouvait au cœur de l’île du Pays Imaginaire. Vous pouvez deviner avec quelle suspicion j’ai accueillie cette révélation. L’île était entièrement aux mains de nos ennemis et nous y rendre relevait de la folie suicidaire. Mais le Prince était convaincu que la vieille avait raison et j’ai fini par me résoudre à l’accompagner au cas où. J’ai laissé le bateau et Pan sous la surveillance de Mouche et nous sommes partis à pied pour l’île avec trois ours et une petite fille aux cheveux bouclés et dorés. Je ne sais pas pourquoi le Prince voulait qu’ils viennent avec nous, il semblait penser que les ours pourraient être des défenseurs utiles. Quant à la gamine, elle refusait de se séparer de ses nounours. Tous les quatre se sont fait tuer dès que nous avons posé le pied sur le rivage. Le Prince et moi n’avons survécu que par miracle. Il était trop tard pour reculer, aussi avons-nous décidé de continuer jusqu’au centre de l’île. Celui-ci, marqué par une grande stalagmite, se trouve sous le volcan qui se dresse au milieu du Pays Imaginaire. Je connais les galeries qui y mènent et j’y ai guidé le Prince. Cent fois nous avons cru être surpris, mais il semblerait que nos ennemis n’aient pas encore exploré tout le Pays Imaginaire. Arrivés au cœur du Pays nous avons eu la stupéfaction de découvrir qu’on nous y attendait. Un lutin, petit homme barbu au chapeau pointu, était assis contre la stalagmite et jouait avec un rouet miniature comme pour passer le temps en nous attendant. Le Prince s’est adressé à lui pendant que je vérifiais les environs. Mais il n’y avait personne et j’ai bientôt pu les rejoindre. Le lutin s’était présenté sous le nom d’Outroupistache et prétendait connaître le moyen de nous sauver tous. Mais naturellement il mettait des conditions à la révélation de cette solution. J’ai voulu lui montrer que nous n’étions pas prêts à marchander, mais naturellement le Prince s’est senti obligé de s’interposer, comme si j’avais été assez idiot pour tuer notre seul moyen d’en savoir plus ! Passons. Le lutin a prétendu qu’il était capable de tisser à nouveau les fils de l’Imaginaire dans les âmes enfantines et ainsi de nous ramener tous à notre consistance antérieure. Vous conviendrez que cette explication est relativement confuse, mais il n’a pas voulu en dire plus. Cependant, avant toute chose, il exigeait que nous lui ramenions un adulte capable de croire, afin de lui prouver que cela valait vraiment la peine qu’il s’attelle à cette tâche. Nous n’avons pas pu lui en demander plus. Il a dit qu’il attendrait notre retour à cette même place et il a disparu dans le sol comme une sorte de taupe étrange, la terre se refermant derrière lui. Nous avons décidé de ne pas traîner davantage sur l’île et avons réussi à regagner le Jolly Roger sans trop d’encombres. Là nous avons tenu conseil avec les quelques sorcières qui restent et les plus vieux des Indiens. Comme nous n’avions aucun autre choix, nous avons décidé d’obéir à cet Outroupistache. Le chaman des Indiens a pris les plantes qui font voyager et a exploré votre monde à la recherche d’un adulte capable de croire. Il a fini par vous trouver et nous sommes donc venus vous chercher. Voilà tout ce que je peux vous dire.

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Published by Anaïs Cros - dans Textes
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commentaires

Dharmakylune 17/09/2008 16:05

et bien voilà au moins un joyeux anniversaire !!!
quant à l'aventure, vive l'absurde et l'exquis ;-)et le bon vieux Outroupistache !

Anntoria 11/09/2008 15:59

Félicitations au 100è post !
J'allais dire la même chose qu'Egyptia : c'est génial de retrouver tous ces personnages ici, hors du contexte qu'on leur connait.
Et une mention spéciale à l'évocation des indiens ;-)

Anaïs 11/09/2008 15:31

Merci beaucoup ! :o)
C'est vrai que j'adore faire des références aux contes, à la mythologie et autres, au moins autant que j'adore les lire chez les autres. Ca me fait plaisir que ce soit apprécié par mes lecteurs et par ma co-auteur en particulier. ;o)

Egyptia 11/09/2008 14:21

Et il vaut le coup ce 100ème post ! ;o) C'est génial de retrouver tout ces personnages de contes. Par certains côtés ça me rappelle un peu la Mer des Songes :)

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